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Des blocs modulaires devant servir pour la mise en œuvre des campus numériques seront installés dans les mois à venir. Le gouvernement a décidé, mercredi 4 février en Conseil des ministres, de faire ce pas qui donnera totalement corps au télé-enseignement pour lequel une agence est déjà créée.
Le gouvernement a annoncé, en Conseil des ministres, mercredi 4 février, l’installation prochaine de blocs modulaires dans les universités publiques. Cette initiative intervient alors que la saturation des amphithéâtres et l’augmentation constante des effectifs étudiants mettent à rude épreuve les infrastructures existantes. Avec la mise en place de ces campus numériques, il entend offrir un enseignement de qualité, accessible, innovant et adapté aux exigences d’une université moderne intégrée dans la dynamique mondiale de l’éducation numérique.
Selon les sources officielles, le projet de campus numériques repose sur un écosystème complet d’apprentissage numérique. Il combine la création de campus modernes avec des salles de télé-enseignement modulaires et connectées, l’exploitation d’une plateforme nationale d’enseignement en ligne et la mise à disposition de ressources pédagogiques ouvertes et structurées. Ce dispositif vise à transformer les pratiques pédagogiques, en offrant aux étudiants un accès à des contenus interactifs, des cours hybrides et à des méthodes d’apprentissage adaptées aux réalités numériques. Il permet également de renforcer l’équité territoriale, en donnant aux étudiants des différentes régions du pays la possibilité de bénéficier de formations de qualité, sans être limités par l’emplacement géographique de leur université.
L’installation de blocs modulaires constitue une solution pragmatique pour désengorger les amphithéâtres existants et répondre aux besoins urgents d’espaces pédagogiques. Ces structures modulaires, conçues pour être opérationnelles rapidement, permettront de créer de nouvelles places d’enseignement, tout en offrant un cadre adapté à la diffusion de cours en ligne et au télé-enseignement. Elles offrent également la flexibilité nécessaire pour ajuster les infrastructures aux besoins des établissements, tout en intégrant les technologies indispensables à une formation universitaire moderne. Au-delà de l’aspect logistique, ces aménagements contribueront à préparer les universités béninoises à répondre aux défis futurs, en consolidant la qualité de l’enseignement et en garantissant une meilleure insertion des étudiants dans le marché mondial de l’éducation et de l’emploi.
Pour la première phase, le gouvernement prévoit la création de 4 000 nouvelles places, réparties dans les principales villes universitaires que sont Cotonou, Parakou, Natitingou, Porto-Novo et Abomey-Calavi. Cette phase pilote permettra de tester le dispositif, d’ajuster les infrastructures et d’optimiser le fonctionnement des salles modulaires avant un déploiement progressif à l’échelle nationale. Selon les autorités, cette initiative vise non seulement à améliorer les conditions de formation, mais aussi à intégrer durablement les universités publiques béninoises dans l’enseignement numérique, en phase avec les standards internationaux. L’ensemble du dispositif renforce la capacité des universités à accueillir un plus grand nombre d’étudiants tout en maintenant un niveau élevé de qualité pédagogique, favorisant l’innovation et la performance académique.
Avec ce projet, le gouvernement réaffirme son engagement pour un enseignement supérieur moderne, inclusif et tourné vers l’avenir. Les campus numériques et les blocs modulaires représentent un levier stratégique pour le développement de la formation universitaire, en permettant de conjuguer accessibilité, équité et qualité. À travers cette initiative, le Bénin confirme sa volonté de préparer ses étudiants à évoluer dans un environnement académique et professionnel de plus en plus numérisé, tout en offrant aux universités publiques les moyens de relever les défis liés à la croissance démographique étudiante et à la mondialisation de l’enseignement supérieur. Cette opération s’inscrit d’ailleurs dans le cadre plus large de la création, en amont, de l’Agence de gestion du télé-enseignement, chargée de coordonner, superviser et assurer la bonne mise en œuvre des initiatives numériques au sein du système universitaire national.
Télé-enseignement
Promouvoir un accès équitable à une éducation de qualité, moderniser les pratiques pédagogiques et renforcer durablement les capacités du système éducatif national. C’est la principale mission de l’Agence béninoise de télé-enseignement, créée depuis mercredi 17 décembre dernier. Cette nouvelle structure publique a pour mission centrale de mettre le numérique au service de l’enseignement, en soutenant les enseignants et les apprenants, en développant des infrastructures adaptées et en garantissant l’inclusion éducative à tous les niveaux. Sa création consacre une vision stratégique visant à faire du télé-enseignement un levier majeur de performance, d’innovation et d’excellence académique.
L’Agence béninoise de télé-enseignement joue ainsi un rôle clé dans la coordination et le pilotage du dispositif de télé-enseignement au niveau des trois ordres d’enseignement que sont l’Enseignement maternel et primaire, l’Enseignement secondaire, technique, y compris la formation professionnelle, et l’Enseignement supérieur. Elle a pour vocation de structurer, d’harmoniser et d’accompagner l’intégration du numérique dans les pratiques éducatives, afin d’éviter les initiatives dispersées et d’assurer une mise en œuvre cohérente, progressive et efficace sur l’ensemble du territoire national.
Digitalisation
C’est dans cette logique que le gouvernement a créé l’Agence béninoise de télé-enseignement et a approuvé ses statuts. Cette décision traduit la volonté des autorités de doter le pays d’une structure formelle capable de porter une politique ambitieuse de transformation numérique du système éducatif, en adéquation avec les priorités nationales de développement.
L’initiative des campus numériques et du télé enseignement intervient dans un contexte marqué par les progrès considérables réalisés par le Bénin dans le domaine du numérique. Ces dernières années, le pays a connu un bond quantitatif et qualitatif notable, avec un niveau élevé de digitalisation touchant aussi bien l’administration publique que plusieurs secteurs clés de l’économie. Les technologies numériques, à travers leurs multiples applications, facilitent désormais la vie quotidienne des Béninois, en rendant les services publics plus accessibles, plus transparents et plus efficaces.
Ce potentiel numérique s’est imposé comme un facteur transversal qui impacte désormais tous les secteurs d’activité. Il est donc naturel de reconnaître qu’en raison de ses nombreuses applications pratiques, le numérique constitue aujourd’hui un atout essentiel pour l’amélioration de la formation et la promotion de l’excellence académique. Dans le domaine de l’éducation, il offre des possibilités inédites telles que la diversification des supports pédagogiques, l’accès élargi aux ressources éducatives, les interactions renforcées entre enseignants et apprenants, et la continuité pédagogique, même dans des contextes contraignants.
Dès lors, le Bénin ne pouvait se permettre de rester en marge de cette dynamique mondiale. Mettre pleinement le numérique au service du système éducatif s’imposait comme une nécessité stratégique. Il s’agit non seulement de moderniser les méthodes d’apprentissage, mais aussi d’enrichir les contenus pédagogiques, de renforcer l’encadrement des apprenants et de garantir une plus grande équité d’accès à un enseignement de qualité, quelles que soient les zones géographiques ou les conditions sociales.
La réponse apportée par le gouvernement béninois repose sur une mise en œuvre progressive et structurée du télé-enseignement dans l’ensemble du système éducatif. Le choix d’intégrer simultanément l’Enseignement maternel et primaire, l’Enseignement secondaire, technique et la formation professionnelle, ainsi que l’Enseignement supérieur, traduit une vision globale et inclusive. Chaque niveau bénéficiera d’approches adaptées à ses spécificités, tout en s’inscrivant dans un cadre national cohérent porté par l’Agence.
Pour garantir la réussite de cette politique, l’Agence béninoise de télé-enseignement s’appuiera sur des partenariats stratégiques avec des institutions nationales et internationales. Ces collaborations permettront de mutualiser les meilleures pratiques pédagogiques, de bénéficier d’expertises techniques éprouvées et d’assurer une montée en puissance progressive du dispositif. L’objectif est de construire un modèle de télé-enseignement solide, durable et axé sur la qualité, plutôt que sur une simple généralisation rapide des outils numériques.
Extension progressive
Dans ses missions opérationnelles, l’Agence sera également chargée de renforcer les infrastructures numériques existantes et, lorsque c'est nécessaire, d’en créer de nouvelles. Elle accompagnera les enseignants dans l’appropriation des outils numériques, la production de contenus pédagogiques adaptés et l’évolution de leurs pratiques professionnelles. Les apprenants, quant à eux, bénéficieront d’un meilleur encadrement et d’un accès facilité à des ressources éducatives diversifiées, contribuant ainsi à l’amélioration des résultats et à la réduction des inégalités.
Un accent particulier sera mis sur l’inclusion et l’accessibilité de l’éducation pour tous. Le télé-enseignement ne devra pas être un facteur d’exclusion, mais au contraire un instrument de justice sociale, permettant aux apprenants des zones rurales ou défavorisées d’accéder aux mêmes opportunités que ceux des centres urbains. C’est dans cette optique que l’Agence intégrera l’équité comme principe fondamental de son action.
Dans l’immédiat, la priorité sera donnée à l’Enseignement supérieur. L’Agence béninoise de télé-enseignement est ainsi chargée de piloter la mise en œuvre opérationnelle du télé-enseignement dans ce secteur dès la rentrée académique 2026-2027. Cette première phase constituera un jalon décisif dans la transformation numérique du système éducatif béninois. Elle permettra de tester les dispositifs, d’en évaluer l’efficacité, de procéder aux ajustements nécessaires et de consolider les acquis avant une extension progressive aux autres ordres d’enseignement.