La Nation Bénin...

Forum national du Ces: Le « panier citoyen » au cœur des solutions pour renforcer le pouvoir d’achat

Actualités
Cette rencontre vise à proposer des solutions concrètes pour renforcer le pouvoir d’achat des ménages Cette rencontre vise à proposer des solutions concrètes pour renforcer le pouvoir d’achat des ménages

Lancée ce mercredi 25 février à Cotonou, la première édition du Forum national du Conseil économique et social (FonaCes), réunit pendant deux jours décideurs publics, acteurs économiques, syndicats, organisations de consommateurs, universitaires et représentants de la société civile. Sous le thème « Panier citoyen et bien-être », cette rencontre vise à proposer des solutions concrètes pour renforcer le pouvoir d’achat des ménages, soutenir la production locale et transformer la croissance économique en un moteur de progrès social pour tous les Béninois.

 

Par   Isidore GOZO, le 26 févr. 2026 à 06h51 Durée 3 min.
#Ces #FonaCes

Face à la vie chère et au décalage persistant entre les performances macroéconomiques et la réalité quotidienne des ménages, le Conseil économique et social (Ces) a choisi d’ouvrir un débat inclusif. Durant deux jours, institutions, secteur privé et société civile partagent leurs réflexions afin de redonner un contenu concret au « panier citoyen » et replacer le bien-être des populations au cœur de l’action publique. À travers des panels, des communications et des débats, le forum se veut avant tout un espace de propositions pratiques, loin des considérations purement administratives. Il s’agit d’aboutir à des recommandations capables d’influencer directement les politiques publiques.

Pour Eustache Kotingan, président du comité d’organisation, le concept de « panier citoyen » dépasse largement la simple disponibilité des produits de consommation. Il questionne en profondeur le modèle économique national, la capacité de production locale, l’efficacité des circuits de distribution, la régulation des prix ainsi que les mécanismes de solidarité sociale. « Notre pays s’est donné l’occasion de réussir collectivement en répondant à une question essentielle : comment garantir à chaque citoyen béninois un accès durable aux biens et services essentiels ? », a-t-il souligné. Selon lui, cette réflexion appelle une approche plurielle. Économique, pour analyser la dynamique des marchés et le niveau réel de consommation des ménages. Sociale, pour protéger les couches vulnérables. Institutionnelle, pour améliorer la gouvernance et les mécanismes de régulation et citoyenne enfin, pour responsabiliser les producteurs, les commerçants, les pouvoirs publics et les consommateurs. Les travaux, d’après lui, visent ainsi à comprendre l’évolution du niveau de vie, identifier les contraintes pesant sur le pouvoir d’achat et proposer des mécanismes innovants pour renforcer la sécurité alimentaire, soutenir la production locale et fluidifier les circuits de distribution. À terme, des recommandations stratégiques devraient orienter les futures décisions publiques.

Le président du Ces, Conrad Gbaguidi, a rappelé la vocation première de l’institution qui est d’être la vigie attentive des mutations sociales et le trait d’union entre l’action publique et le vécu quotidien des populations. Pour lui, il ne s’agit plus seulement d’observer, mais d’agir. Sous le leadership du chef de l’État, Patrice Talon, le Bénin affiche, selon lui, des performances macroéconomiques solides, marquées par une croissance robuste, des réformes structurelles et d’importants investissements dans les infrastructures. Et les indicateurs sont encourageants. Mais, derrière ces chiffres, subsiste un malaise. « Il demeure un décalage entre l’éclat des performances macroéconomiques et le ressenti microéconomique des ménages», a-t-il relevé.

Pour le président du Ces, le panier citoyen doit devenir une véritable boussole des politiques sociales. Il ne se limite plus à l’alimentation, mais englobe désormais la santé, l’éducation, la mobilité urbaine ou encore la connectivité internet, autant de dépenses devenues essentielles à l’inclusion sociale et professionnelle. Il a également plaidé pour un patriotisme économique accru pour le consommer local, le développement des circuits courts, la consolidation des chaînes de valeur agricoles et industrielles afin de réduire la dépendance extérieure. Une orientation qui, selon lui, constitue la clé d’une prospérité durablement partagée.

Progrès social réel

La dimension politique du forum a été mise en lumière par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou. Selon lui, cette rencontre intervient à un moment crucial où les citoyens expriment des attentes fortes vis-à-vis de l’État. Il a rappelé le rôle stratégique du Ces, renforcé par la réforme de la loi organique de juillet 2024. Pour lui, l’institution intervient désormais en amont des lois comme organe consultatif pré-législatif, mais également en aval, en assurant le suivi de leur application et en relayant les préoccupations des populations. « Vous êtes des pré-législateurs, mais aussi des post-législateurs», a-t-il affirmé, soulignant que les recommandations issues du forum pourraient influencer directement les futurs textes législatifs. Une reconnaissance qui confère au Ces une responsabilité accrue dans la conception des politiques publiques.

Clôturant la série d’allocutions, le ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, Abdoulaye Bio Tchané, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à transformer les performances économiques en progrès social réel. Il a reconnu que, malgré les avancées notables enregistrées depuis 2016, la vie chère demeure une préoccupation majeure. Elle se ressent dans le panier de la ménagère, dans la stabilité de l’emploi, dans la capacité d’un parent à scolariser ou soigner ses enfants. Selon lui, les causes sont multiples notamment : les tensions sur les marchés internationaux, la flambée des matières premières, mais aussi les faiblesses structurelles internes et pratiques spéculatives. Face à cette situation, indique-t-il, le gouvernement agit sur plusieurs fronts à savoir : le soutien à la production locale pour réduire la dépendance aux importations, la lutte contre la spéculation, les aides ciblées aux ménages vulnérables et le dialogue constant avec le secteur privé pour préserver le pouvoir d’achat. « Le bien-être n’est pas un supplément d’âme, il est le cœur du développement durable », a-t-il martelé.