La Nation Bénin...
À l’horizon 2060, le Bénin entend franchir une étape décisive de son histoire en bâtissant une nation prospère, compétitive et socialement harmonieuse, fidèle à la vision Alafia, un monde de splendeurs. Cette ambition nationale repose sur une conviction forte, celle de faire des infrastructures, le socle principal de la transformation économique et territoriale.
Routes, énergie, eau potable, équipements sociaux, mobilité urbaine et numérique sont considérés comme des leviers essentiels pour stimuler la croissance, réduire les inégalités et garantir un développement durable sur l’ensemble du territoire. Depuis plus de deux décennies, souligne le document sur la vision, d’importants investissements ont été consentis pour moderniser les équipements publics et soutenir l’activité économique. L’analyse couvrant la période 2000 à 2024, fondée sur des études documentaires, des enquêtes citoyennes, des monographies locales et une évaluation des forces, faiblesses, opportunités et menaces, met en évidence des avancées notables. Elle révèle cependant que ces efforts restent insuffisamment structurés pour répondre à la forte croissance démographique et aux exigences d’équité territoriale. Le premier défi, d’après le document, demeure le déséquilibre spatial. Malgré les progrès réalisés, de nombreuses zones rurales restent sous-dotées en infrastructures socio-économiques. L’accès à l’eau potable, à l’électricité, aux centres de santé ou aux écoles y est parfois limité, ce qui accentue les inégalités régionales et favorise l’exode vers les centres urbains. Ce déficit freine le potentiel productif local et affaiblit la cohésion nationale. Dans le secteur énergétique, les résultats sont encourageants mais incomplets. Le taux d’autonomie est passé de 6,49 % en 2006 à plus de 50 % en 2023 grâce à la construction de nouvelles centrales thermiques, à la réhabilitation d’unités existantes et à l’introduction progressive du solaire. Cette amélioration renforce la sécurité énergétique du pays. Toutefois, la couverture demeure inégale, notamment en milieu rural, et le mix énergétique reste peu diversifié, exposant encore le pays aux importations et aux fluctuations des coûts. L’élargissement des énergies renouvelables apparaît donc indispensable pour garantir un accès universel et durable.
Evolution visible et défis
Les infrastructures routières ont connu une évolution visible. Le pays dispose aujourd’hui de près de 4 000 kilomètres de routes bitumées et de plus de 550 kilomètres de voies urbaines aménagées, ce qui a nettement amélioré la mobilité des personnes et la circulation des biens. Les échanges économiques se sont fluidifiés et les temps de trajet ont diminué. Néanmoins, l’absence d’un réseau ferroviaire moderne et de systèmes de transport collectif structurés limite encore la performance des grandes agglomérations. Dans les périphéries, les déplacements restent longs et coûteux, ce qui pèse sur la productivité et la qualité de vie. Parallèlement, les infrastructures sociales peinent à suivre le rythme démographique. Les besoins en salles de classe, en centres de santé, en équipements agricoles et en services de base augmentent plus rapidement que l’offre disponible. Cette situation ralentit l’accès équitable à l’éducation, aux soins et à la sécurité alimentaire, compromettant le développement du capital humain, pourtant essentiel à la compétitivité nationale.
Malgré ces contraintes, le pays dispose d’atouts importants. Les orientations stratégiques à long terme sont clairement définies, les adductions d’eau villageoise se multiplient et le cadre légal encourage les partenariats public-privé. La position géographique du Bénin en Afrique de l’Ouest favorise également les échanges régionaux et l’intégration aux grands projets de transport et d’énergie. L’essor du numérique et des technologies innovantes, y compris l’intelligence artificielle, offre de nouvelles possibilités pour mieux planifier, gérer et entretenir les équipements publics.
Des défis demeurent toutefois, notamment la couverture électrique encore limitée, les infrastructures agricoles insuffisantes, le déficit d’équipements scolaires et sanitaires, ainsi que les menaces liées au changement climatique, à l’érosion côtière et à la volatilité des prix des matériaux de construction. Ces facteurs exigent une planification plus rigoureuse et des investissements résilients. Pour concrétiser la vision 2060, le Bénin devra promouvoir un aménagement du territoire plus équilibré, garantir l’accès universel à l’énergie, à l’eau potable, à la mobilité et au numérique et mobiliser des financements innovants. Les infrastructures devront être pensées non seulement comme des ouvrages physiques, mais comme de véritables instruments de justice territoriale, de compétitivité économique et de bien-être collectif. À cette condition, elles deviendront le moteur d’un développement harmonieux et durable pour l’ensemble des populations.
Les infrastructures devront être pensées non seulement comme des ouvrages physiques, mais comme de véritables instruments de justice territoriale