La Nation Bénin...
L’Institut français de Cotonou accueillera, du 3 au 7 février, la 4ᵉ édition du Festival international des films de femmes de Cotonou. Biennal et lancé en 2019, cet événement culturel majeur met en lumière les œuvres cinématographiques réalisées par des femmes africaines et de la diaspora, tout en combinant projections, formations professionnelles et promotion touristique du Bénin.
Cotonou s’apprête à vibrer au rythme du Festival international des films de femmes de Cotonou (Fiff Cotonou), dont la 4ᵉ édition se tiendra du 3 au 7 février à l’Institut français du Bénin et sur d’autres sites emblématiques de la ville. Depuis son lancement en 2019, ce festival biennal s’est imposé comme un rendez-vous incontournable du paysage cinématographique africain, offrant une tribune d’expression aux femmes réalisatrices et créatrices. A travers des projections, des rencontres professionnelles, des ateliers et des échanges, le Fiff Cotonou rassemble cinéphiles, professionnelles du cinéma et grand public autour d’une même ambition: promouvoir la créativité féminine dans le cinéma africain et au-delà.
Selon Cornelia Glèlè, directrice du festival, l’événement repose sur une vision structurée autour de trois grands axes. «C’est un festival qui est généralement axé autour de trois grands axes. Le premier, c’est la femme. Le deuxième, c’est un aspect didactique. Et le troisième, c’est le tourisme», a-t-elle expliqué au cours de la conférence de presse annonçant l’événement.
Sur le volet consacré aux femmes, le festival propose essentiellement des films réalisés par des femmes africaines et de la diaspora. Pour cette édition, l’engouement a été particulièrement fort avec 216 films reçus par les organisateurs. Au final, 18 films issus de 16 pays ont été retenus pour la sélection officielle, illustrant la diversité des regards et la vitalité de la création féminine.
Placée sous le thème «Femmes, libérez votre créativité », cette 4ᵉ édition se veut une célébration de la richesse et de la pluralité des expressions artistiques féminines, au-delà du seul champ cinématographique. Le choix de ce thème s’inscrit dans une volonté affirmée de renforcer la visibilité des femmes dans les industries culturelles. Cette orientation est également portée par la marraine de l’édition 2026, Aïssa Maïga, actrice et réalisatrice franco-sénégalaise malienne, reconnue pour son engagement en faveur d’une meilleure représentation des femmes et des Afrodescendants à l’écran. Comme à chaque édition, plusieurs distinctions seront décernées, dont l’Amazone d’Or, l’Amazone du documentaire et l’Amazone du scénario, afin de récompenser l’excellence et l’originalité des œuvres présentées.
Formation et tourisme
Le volet didactique constitue l’un des piliers majeurs du Fiff Cotonou. «Sur le volet didactique, on a des formations», souligne Cornelia Glèlè. La première a consisté à former, durant deux mois, de jeunes filles sélectionnées sur toute l’étendue du territoire national. Le film réalisé par ces participantes sera projeté lors de la cérémonie d’ouverture, symbole fort de la transmission et de l’émergence de nouveaux talents. Une 2e formation a été dirigée par Fatou Koné, actrice sénégalaise, tandis qu’une autre a porté sur le maquillage cinéma, un métier essentiel à la construction de l’univers visuel d’un film.
Le troisième axe du festival, le tourisme, vise à positionner le Fiff Cotonou comme un levier de promotion du Bénin. Selon la directrice du festival, l’événement permet d’attirer des visiteurs étrangers. Pour cette année, une vingtaine d’invités issus de dix pays sont attendus. Tout au long de la semaine, ils découvriront plusieurs sites touristiques, notamment ceux de Ouidah, contribuant ainsi au rayonnement culturel et touristique du pays. Cette édition innove par ailleurs avec l’installation d’un poste de traduction français-anglais, la création d’un village du festival, l’organisation de la soirée « short short short » et une cérémonie de clôture prévue à la Place de l’Amazone.
Collaboration porteuse
Partenaire de l’événement, William Codjo, directeur de l’Agence de développement des arts et de la culture (Adac), s’est félicité de l’implication de sa structure. Il a rappelé que l’Adac œuvre notamment pour la relance de la production cinématographique nationale, l’accueil des productions internationales et l’intégration du patrimoine national dans l’industrie du cinéma. Pour lui, le cinéma est une industrie transversale qui réunit tous les autres arts, faisant du Fiff Cotonou un instrument stratégique pour le développement culturel et économique du Bénin.
Figure marquante de cette édition, Fatou Koné, actrice sénégalaise et formatrice sur le festival, a apporté une contribution majeure au volet didactique du Fiff Cotonou. A travers la formation qu’elle a dirigée, elle a partagé son expérience et sa vision du cinéma avec les participantes, insistant sur la place centrale des femmes dans la narration cinématographique. « Il n’y a personne qui ait à raconter plus qu’une femme», affirme-t-elle, soulignant la richesse et la singularité du regard féminin sur les réalités sociales, culturelles et humaines. Pour elle, donner la parole aux femmes à l’écran revient à rééquilibrer les récits et à diversifier les points de vue dans l’industrie du cinéma.
Fatou Koné a également mis l’accent sur l’importance des métiers techniques et artistiques souvent relégués au second plan. Selon elle, la décoration, les costumes et le maquillage constituent les premiers éléments visibles d’un film, avant même que l’histoire ne soit racontée. Ces composantes participent pleinement à la construction du sens et de l’émotion véhiculés par une œuvre cinématographique. En valorisant ces métiers à travers la formation, le Fiff Cotonou contribue à élargir les opportunités professionnelles pour les femmes et à renforcer leur présence sur l’ensemble de la chaîne de création cinématographique.