La Nation Bénin...
Après une décennie de réformes économiques et institutionnelles, le Bénin aborde la période 2026-2028 avec l’ambition de consolider ses acquis macroéconomiques tout en accélérant la transformation structurelle de son économie. L’enjeu central est de faire de la croissance enregistrée un levier de développement plus inclusif, durable et territorialement équilibré.
A l’heure où s’achève le Plan national de développement 2018-2025, les priorités du programme de développement pour la période 2026-2028 s’inscrivent dans une logique de continuité stratégique, mais aussi de correction des fragilités persistantes. Capital humain, discipline budgétaire et réduction des inégalités constituent les trois piliers autour desquels s’articulent les orientations retenues par les autorités béninoises, telles que présentées dans la Note analytique sur le programme de développement annexée à la loi de finances 2026 et le Document de programmation budgétaire et économique pluriannuelle (Dpbep) 2026-2028.
L’investissement dans le capital humain demeure l’axe central du programme 2026-2028. Déjà identifié comme l’objectif stratégique n°1 du Pnd 2018-2025, le développement d’un capital humain sain, compétent et compétitif est considéré comme la condition essentielle de la durabilité des performances économiques.
Malgré les progrès enregistrés, les indicateurs sociaux rappellent l’ampleur des défis. En 2022, l’Indice de développement humain (Idh) du Bénin s’établissait à 0,504, classant le pays dans la catégorie de développement humain faible, au 173? rang sur 193 pays. L’indice du capital humain reste limité à 0,40, traduisant des insuffisances persistantes en matière d’éducation, de santé et de productivité du travail.
Selon le Rapport sur le développement humain 2023-2024 du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud), les inégalités mondiales, accentuées par la concentration économique, continuent de peser sur les pays à faible développement humain. Dans ce contexte, les priorités 2026-2028 mettent l’accent sur le renforcement de la nutrition maternelle et infantile, l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la formation professionnelle, la modernisation des infrastructures sanitaires et l’élargissement des mécanismes de protection sociale, notamment en faveur des femmes et des populations vulnérables.
Stabilité et discipline budgétaire
Sur le plan macroéconomique, le gouvernement entend préserver la stabilité et la soutenabilité des finances publiques, considérées comme des acquis majeurs des réformes récentes. Les projections du Dpbep 2026-2028 font état d’une progression soutenue des recettes de l’Etat, attendues en hausse de 12,8 % en 2026, puis de 12,3 % en moyenne par an jusqu’en 2028. Les dépenses publiques augmenteraient de 11,2 % en 2026 et de 11,3 % en moyenne sur la période.
Cette dynamique vise à contenir le déficit budgétaire, projeté à 2,7 % du produit intérieur brut (Pib) en 2026, avant de reculer à 2,6 % en 2028. Cette trajectoire reflète la poursuite des réformes de mobilisation des recettes et d’amélioration de l’efficacité de la dépense publique, tout en s’inscrivant dans la perspective d’un nouveau cadre de coopération avec le Fonds monétaire international (Fmi), destiné à soutenir la stabilité macroéconomique et les réformes structurelles.
Réduire les inégalités
Au-delà de la stabilité macroéconomique, les priorités 2026-2028 visent à accélérer la transformation structurelle de l’économie béninoise afin de réduire sa vulnérabilité aux chocs externes et de renforcer la création de valeur ajoutée. Cette orientation repose sur la diversification productive, le développement de l’agro-industrie, la promotion du numérique et le renforcement des infrastructures économiques, notamment dans les secteurs des transports et de l’énergie.
Une attention particulière est accordée à la réduction des inégalités territoriales, identifiées comme l’un des principaux freins à un développement inclusif. Les investissements publics ciblés dans les zones les plus vulnérables visent à corriger les écarts persistants en matière d’accès aux services sociaux de base et aux opportunités économiques, afin d’assurer une croissance plus équilibrée à l’échelle nationale.
Des performances encourageantes à consolider
Entre 2016 et 2024, le Pib réel par habitant est passé de 647 675 F Cfa à 823 748 F Cfa, soit une croissance moyenne annuelle de 3,02 %, selon la Note analytique sur le programme de développement adossée à la loi de finances 2026. Cette évolution traduit une amélioration globale du niveau de vie et une certaine résilience de l’économie béninoise face aux chocs externes.
Sur le plan social, l’incidence de la pauvreté monétaire a reculé de 38,5 % en 2019 à 36,2 % en 2022, tandis que la pauvreté non monétaire est passée de 26,1 % à 24,5 % sur la même période. Ces progrès restent toutefois marqués par de fortes disparités territoriales, certains départements affichant encore des taux de pauvreté nettement supérieurs à la moyenne nationale.