La Nation Bénin...
Dans un geste fort en faveur du renforcement des échanges Sud-Sud, la Chine a annoncé la suppression totale des droits de douane sur les importations en provenance des pays africains à partir du 1er mai, à l’exception de l’Eswatini pour des raisons diplomatiques liées à Taïwan. Une décision stratégique portée par le président Xi Jinping, qui pourrait ouvrir de nouvelles perspectives commerciales et accélérer le développement économique du continent.
La coopération économique sino-africaine franchit un nouveau cap. Pékin a annoncé la suppression totale des droits de douane sur les importations en provenance des pays africains. Une mesure qui entrera en vigueur le 1er mai prochain. L’annonce a été faite ce samedi par le président chinois Xi Jinping et relayée par les médias d’État. À travers cette décision, la Chine confirme son ambition de consolider sa position de premier partenaire commercial du continent africain et de renforcer davantage ses liens stratégiques avec ses partenaires diplomatiques. Jusqu’ici, Pékin appliquait une politique de droits de douane nuls à l’égard de 33 pays africains considérés comme partenaires privilégiés. Mais les autorités chinoises avaient, depuis l’année dernière, laissé entendre que cette mesure serait étendue à l’ensemble de leurs partenaires diplomatiques sur le continent. La promesse est désormais tenue. Pour de nombreux observateurs économiques, cette décision représente une opportunité stratégique majeure pour les économies africaines. En réduisant les coûts d’accès au marché chinois, l’un des plus vastes au monde, les pays du continent pourraient accroître leur compétitivité, stimuler leurs exportations et diversifier leurs sources de revenus.
Depuis plus d’une décennie, la Chine s’impose comme le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les échanges bilatéraux ont connu une croissance spectaculaire, dépassant largement ceux réalisés avec l’Europe ou les États-Unis. Au-delà du commerce, Pékin est devenue un acteur central du financement des infrastructures africaines : routes, ponts, chemins de fer, ports, centrales électriques ou zones industrielles. Ces investissements s’inscrivent notamment dans le cadre de l’initiative mondiale des «Nouvelles Routes de la Soie», vaste programme destiné à renforcer les connexions commerciales entre la Chine et le reste du monde. Grâce à ces projets, plusieurs pays africains ont pu moderniser leurs équipements structurants.
L’Eswatini, seule exception
Toutefois, cette politique d’ouverture ne s’appliquera pas à l’Eswatini, seul pays africain exclu. La raison est essentiellement diplomatique. Ce petit royaume d’Afrique australe est le seul État du continent à entretenir des relations officielles avec Taïwan, que la Chine considère comme une province rebelle. Depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949, Pékin revendique la souveraineté sur l’île et défend le principe d’une seule Chine. Pour les autorités chinoises, la reconnaissance diplomatique de Taïwan constitue une ligne rouge. En conséquence, l’Eswatini ne bénéficiera pas des avantages tarifaires accordés au reste du continent, illustrant la manière dont diplomatie et commerce demeurent étroitement liés dans la stratégie internationale de Pékin.
Cette annonce intervient également dans un environnement économique mondial marqué par des tensions commerciales croissantes. L’année dernière, le président américain Donald Trump avait imposé des droits de douane élevés à de nombreux partenaires, déclenchant une vague de mesures protectionnistes. Face à ces restrictions, plusieurs pays africains cherchent désormais à diversifier leurs partenariats économiques. La Chine apparaît alors comme une alternative attractive, proposant un accès plus ouvert à son marché et des conditions de financement souvent plus souples. En supprimant totalement les droits de douane, Pékin envoie donc un signal fort. Celui d’un partenaire prêt à faciliter le commerce plutôt qu’à l’entraver. Une stratégie qui pourrait renforcer davantage son influence sur le continent. Selon Xi Jinping, cette décision offrira sans aucun doute de nouvelles perspectives au développement de l’Afrique. Cette annonce est tombée alors que les chefs d’État et de gouvernement africains étaient réunis à Addis Abeba pour le sommet annuel de l’Union africaine. Avec cette mesure, la Chine confirme sa volonté de consolider son ancrage économique et politique en Afrique. Plus qu’un simple geste commercial, la suppression des droits de douane s’inscrit dans une stratégie globale mêlant investissements, diplomatie et coopération économique. Pour le continent, l’enjeu sera désormais de transformer cette opportunité en véritable levier de développement. Car au-delà des annonces, c’est la capacité des économies locales à tirer pleinement profit de cette ouverture qui déterminera l’impact réel de cette décision historique.
Depuis plus d’une décennie, la Chine s’impose comme le premier partenaire commercial de l’Afrique