La Nation Bénin...
Le président du Ces a reçu en audience, vendredi 6 février dernier, le représentant de l’Unicef. S’en est suivie une séance d’échanges sur l’extension du projet de construction de toilettes sèches agroécologiques avec une délégation du Rotary Club Paris Avenir, ainsi que plusieurs préfets et autorités locales, au siège de l’institution à Cotonou.
Une audience suivie de discussions techniques a permis, au Conseil économique et social, et divers partenaires, de faire le point sur la mise en œuvre et l’extension des toilettes sèches agroécologiques, une alternative aux latrines traditionnelles, visant à améliorer l’hygiène publique tout en réduisant l’impact environnemental. Il s’agit d’une réponse durable aux défis de l’assainissement, de la santé publique et de la protection de l’environnement au Bénin. Daniel Valère Setonnougbo, préfet des départements du Plateau et du Zou, a salué l’initiative du président du Ces qui a favorisé cette concertation entre partenaires institutionnels et techniques. Il a mis en lumière le caractère novateur et porteur d’espoir du projet. A l’en croire, les toilettes sèches agroécologiques apportent une alternative crédible aux latrines traditionnelles, souvent confrontées à des problèmes d’entretien quelques années seulement après leur mise en service. Le projet se distingue par sa dimension environnementale et productive. Les excréments collectés sont traités et transformés en engrais utilisables dans le maraîchage et l’agriculture, contribuant ainsi à une économie circulaire et à la valorisation des déchets. « Ce n’est pas un modèle de latrines classique, mais un système pensé pour être durable, utile et exploitable », a souligné le préfet, se réjouissant du démarrage de la phase d’extension vers de nouveaux départements.
Du côté des partenaires techniques, Brigitte Courson, membre du Rotary Club Paris Avenir, a rappelé les motivations profondes du projet. Elle a insisté sur la question de la dignité humaine, la lutte contre les maladies liées à l’insalubrité et l’accès insuffisant aux toilettes pour une large part de la population béninoise. Elle a également mis en avant le choix stratégique des toilettes sèches, qui n’utilisent pas d’eau, dans un contexte de stress hydrique croissant, au Bénin comme ailleurs. La responsable du Rotary Club a surtout insisté sur la question de la pérennité, soulignant que la construction seule ne suffit pas; il faudrait un dispositif solide d’entretien, de formation et d’appropriation locale. Une centaine de toilettes seront réalisées au cours des trois premières phases du projet, avec l’ambition de voir les acteurs locaux s’approprier le modèle pour le diffuser plus largement.
Département pionnier de l’initiative, les Collines ont servi de laboratoire à cette expérimentation. Le préfet Saliou Odoubou a rappelé que ces toilettes agroécologiques visent avant tout à réduire la défécation à l’air libre, enjeu majeur de santé publique. Pour lui, l’extension du projet, avec l’appui du Ces, du Rotary Club Paris Avenir et désormais de l’Unicef, traduit la reconnaissance de son efficacité et de son potentiel d’avenir. Les échanges ont également mis l’accent sur la durabilité des ouvrages, la maintenance et la formation des agents chargés de l’entretien. Le gouvernement, conscient des enjeux, a décidé d’accompagner cette dynamique afin de garantir le bon fonctionnement et la longévité des infrastructures mises en place.
A l’issue de la séance, les participants ont exprimé leur volonté commune de renforcer les synergies pour faire des toilettes sèches agroécologiques un levier durable d’assainissement, de protection de l’environnement et de bien-être des populations.
Concertation entre partenaires institutionnels et techniques autour de l’extension du projet de construction de toilettes sèches agroécologiques