La Nation Bénin...
De retour à la Coupe d’Afrique des nations après trois décennies d’absence, les Guépards handballeurs du Bénin ont conclu leur participation par une double victoire face au Kenya et à la Zambie. Au terme de la dernière rencontre disputée vendredi 30 janvier à Kigali, le Directeur technique national (Dtn) de la Fédération béninoise de handball ( Fbhb ), Basile Nouatin, dresse le bilan, mettant en lumière la progression de l’équipe et trace les perspectives du handball béninois.
La Nation : Une dernière victoire pour finir en beauté cette participation à la 27e Coupe d’Afrique des nations de handball…
Basile Nouatin : C’est une bonne chose, une très bonne chose, parce que nous avons constaté qu’au cours de ce match, les enfants ont respecté les consignes aussi bien en attaque qu’en défense. Ils ont été très efficaces du début jusqu’à la fin.
Après 30 ans d’absence, le Bénin est revenu dans la compétition. Quel est votre sentiment à la sortie ?
C’est un sentiment de joie, parce que après 30 ans, vous avez constaté qu’à travers les premiers résultats, nous n’étions pas bien entrés dans la compétition. Mais au fil des matchs, les enfants ont commencé à appliquer ce que nous leur avons dit et ils ont compris qu’ils pouvaient faire beaucoup de choses. C’est très important. Nous allons donc tirer beaucoup de leçons de cette participation.
En voulant préparer les prochaines compétitions, nous allons prévoir davantage de matchs amicaux au niveau international, afin que les enfants puissent accumuler des matchs dans les bras et dans les jambes, et que nous puissions bien commencer les compétitions dès le départ. Vous aurez constaté qu’au fur et à mesure que les matchs se sont enchaînés, ils ont commencé à se faire plaisir, à respecter les consignes des entraîneurs, et les résultats sont là: deux victoires, une défaite et un match nul en Coupe du Président. C’est très important pour nous.
Peut-on dire que les objectifs sportifs ont été atteints ?
Absolument, puisque nous sommes venus pour apprendre, car nous revenions de loin. Nous sommes venus pour apprendre et, progressivement, vous avez constaté qu’au fil des matchs, les enfants ont commencé à évoluer. Il nous faut donc beaucoup de matchs, beaucoup de rencontres de préparation pour l’avenir.
Le Bénin a affronté des poids lourds comme le Cap-Vert, le Maroc et d’autres. Quel fossé technique avez-vous relevé ?
En réalité, comme vous avez pu le constater face au Maroc et au Cap-Vert, ce sont des pays habitués à cette compétition. De notre côté, vous avez vu que notre premier match contre le Maroc a été catastrophique. Progressivement, face au Cap-Vert, les joueurs ont corrigé certaines erreurs commises et, de plus en plus, ils ont évolué. Ils ont changé de comportement, aussi bien en défense qu’en attaque.
Cela signifie-t-il que le handball béninois peut espérer trouver sa place sur la scène continentale les années à venir ?
Absolument. C’est aussi l’occasion de remercier le gouvernement béninois, à travers le ministre des Sports, pour avoir pris en compte cette équipe nationale et pour lui avoir accordé sa confiance. Nous avons constaté que, progressivement, les choses évoluent. Ce n’est pas « je joue aujourd’hui, j’arrête, puis je reprends », non, c’est un processus de progression. Il va falloir participer régulièrement aux compétitions et disputer des matchs amicaux et de préparation afin que l’équipe nationale du Bénin puisse figurer parmi les cinq meilleures d’Afrique.
Comment appréciez-vous le niveau des Guépards sur l’ensemble de la compétition ?
Comme je l’ai indiqué au départ, le niveau a évolué au fur et à mesure que la compétition avançait. Si nous devions affronter de nouveau le Maroc aujourd’hui, ce ne serait plus de la même manière. Les joueurs ont compris l’importance du respect des consignes. Ils ont du potentiel, mais c’est surtout une question d’expérience. L’équipe du Maroc a effectué des stages à l’extérieur, disputé des compétitions et des matchs préparatoires, tandis que nous, nous, nous sommes préparés uniquement sur le plan interne. Je pense qu’avec la décision prise par le ministre des Sports, nous serons désormais plus réguliers dans cette compétition et nous mettrons en place une préparation complète, du début à la fin, afin que le Bénin soit respecté, et que le handball retrouve le niveau des années 2010-2011, lorsque les juniors s’étaient qualifiés pour deux Coupes du monde.
Quelles sont les perspectives pour maintenir le cap ?
Pour maintenir le cap, je pense qu’avec l’entraîneur, nous allons élaborer un plan de préparation en tenant compte du calendrier, afin de pouvoir organiser des préparations aussi bien au Bénin qu’à l’extérieur, notamment avec les binationaux.
Sur le plan infrastructurel, vous avez vu les Guépards évoluer dans des salles comme la Bk Arena. Pensez-vous que ces infrastructures ont eu un impact sur la performance des joueurs ?
L’infrastructure fait partie des conditions de préparation essentielles pour les joueurs. Si nous disposions de ce type de salle à Cotonou ou à Parakou, je pense que les comportements seraient différents. Lorsque vous voyez nos joueurs tirer et plonger, c’est parce que l’infrastructure le permet. Ils ne peuvent pas le faire sur les aires de Porto-Novo, de Lokossa ou de Savalou. Ici, l’infrastructure s’y prête.
Cela plaide donc pour la construction d’une arène au Bénin !
Absolument. C’est dans ce sens que j’invite les autorités sportives béninoises à tout mettre en œuvre afin que nous puissions disposer de ce type d’arène, pour que le handball soit pratiqué par les jeunes dans de bonnes conditions.
Le Dtn de la Fbhb, Basile Nouatin croit au retour durable du Bénin sur la scène continentale