La Nation Bénin...
A Kandi et Gogounou, l’effervescence des derniers jours a laissé place depuis minuit au silence. Entre nettoyage des rues et retrait des affiches, les populations de l'Alibori démarrent une journée de répit avant le double scrutin législatif et communal de ce dimanche 11 janvier 2026.
Samedi 10 janvier 2025. Au grand carrefour de Kandi où se croisent les routes menant à Segbana et Banikoara, le brouhaha des appareils sonores et les cris de ralliement des partisans se sont tus. Depuis ce matin, le chef-lieu de l’Alibori est calme. Les caravanes colorées ont regagné leurs garages et les véhicules, autrefois recouverts de d’affiches, circulent désormais anonymement.
Le « nettoyage » avant le devoir
Dans les rues de Kandi et de Gogounou, le retrait des supports de propagande est presque total. Les militants ont enlevé les affiches qui décoraient les murs et les poteaux électriques, respectant ainsi le silence électoral imposé par la loi. Seuls quelques flyers oubliés, emportés par le vent, tourbillonnent encore sur le bitume des grands carrefours, derniers vestiges d'une campagne intense.
Ce nettoyage visuel accompagne une transition psychologique pour les citoyens. « On a beaucoup entendu, beaucoup vu. Maintenant, il est temps de réfléchir », confie, Soulé Naabirou, tenancier d'un cabaret près du carrefour Banikoara. L'heure n'est plus à la persuasion, mais à la décision individuelle.
Malgré l’enjeu de ce scrutin, le premier couplage des élections législatives et municipales sous la nouvelle charte électorale — une atmosphère de paix sociale prédomine. Les populations vaquent à leurs occupations quotidiennes avec une tranquillité qui contraste avec la ferveur des derniers meetings.
Dans les marchés et les gares routières, les discussions tournent moins autour des promesses qu'autour de l'organisation pratique du vote. Chacun s'assure d'avoir sa pièce d'identité prête, conformément aux rappels du ministère de l'Intérieur. Dans l'Alibori, ce samedi de silence n'est pas une absence d'activité. Demain, dès l'aube, le silence fera place au murmure des files d'attente devant les bureaux de vote.