La Nation Bénin...
A l’invitation des mairies des jeunes de Zogbodomey et Agbangnizoun, Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a effectué une descente dans le département du Zou, samedi 7 février dernier. Entre partage d’expérience politique et clarifications sur les réformes intervenues dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag), les échanges à bâtons rompus se sont déroulés sans langue de bois.
L’effervescence était palpable, ce samedi, à l’hôtel de ville de Zogbodomey, puis à Agbangnizoun. Les « mairies des jeunes », ces instances d’apprentissage de la gestion des affaires publiques, ont réussi leur pari d’instaurer un dialogue direct entre eux, la base juvénile, et le sommet de l’Etat représenté, pour la circonstance, par Wilfried Houngbédji, le porte-parole du gouvernement.
A Zogbodomey, première étape, le porte-parole du gouvernement et sa délégation ont été accueillis à la salle de conférence de l’hôtel de ville, par David Zinsou Towèdjè, maire de la commune.
« Qui a l’information a le pouvoir », a soutenu l’édile de Zogbodomey, invitant ses jeunes administrés à prêter une écoute attentive et à profiter de l’opportunité de cette rencontre pour obtenir les explications officielles. La même ferveur a caractérisé l’accueil au niveau d’Agbangnizoun où le maire Clétus Oscar Kouholi, partageant la maxime de son homologue, a accompagné, de bout en bout, les échanges avec les jeunes de sa commune.
Avant l’entame des débats, Nathan Houedjissin, maire des jeunes de Zogbodomey puis son homologue Boris Noudjrosse Allossou de la commune d’Agbangnizoun ont dressé un bilan des transformations visibles dans leurs communes respectives. Des transformations induites par la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement (Pag). Entre autres, il est question de la relance des cantines au profit des enfants chaque année scolaire, de la mise en œuvre des calendriers pédagogiques sans mouvements d’humeur… A l’image des écoles, il est retenu qu’à Zogbodomey comme à Agbangnizoun, fonctionnent également, sans perturbations, les centres de santé, les autres administrations déconcentrées ou décentralisées. La digitalisation de nombre de services mettant fin au calvaire dans l’obtention de certaines pièces administratives a également été évoquée.
Toutefois, ce tableau positif n’a pas occulté des attentes jugées pressantes.
Les attentes
D’une commune à l’autre, les préoccupations ont trait au reversement des Aspirants au métier d’enseignant (Ame), à l’employabilité des jeunes et à la promotion des cadres locaux, au renforcement des infrastructures. Zogbodomey et Agbangnizoun réclament plus de commissariats de police, de routes bitumées ainsi que l’asphaltage de leurs rues.
Dans le domaine politique, un point a retenu l’attention, l’accord de gouvernance issu de la réforme du système partisan. Des militants de Zogbodomey en sont particulièrement préoccupés parce que ici, la loi oblige le parti majoritaire, en l’occurrence l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) qui a réussi à enlever 16 sièges de conseillers communaux, à donner le poste de deuxième adjoint au maire à son partenaire, le Bloc républicain minoritaire qui n’a que trois sièges au Conseil qui s’apprête à s’installer pour la prochaine mandature de la décentralisation.
Les clarifications
Répondant point par point, Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, a souligné que si les attentes des Béninois sont de plus en plus grandes, c’est parce que le pays progresse. « Le Bénin a progressé dans nombre de domaines au point où les populations en arrivent à oublier la situation qui prévalait avant 2016 », a-t-il affirmé.
Sur le dossier brûlant du reversement des Ame, initialement annoncé pour novembre 2025, le porte-parole du gouvernement s’est fait clair, expliquant que le report est une décision « de responsabilité et non de mauvaise foi ». Il a révélé que « l’incidence financière » jugée « costaude » par les techniciens, nécessite une gestion prudente des ressources limitées de l’Etat. Invitant les concernés à être encore un peu patients, il a rappelé que le statut actuel d’Ame représente déjà une avancée majeure, comparé à la précarité des anciens vacataires.
Face aux demandes de nouveaux commissariats, l’invité a rappelé le chemin parcouru. A Zogbodomey, par exemple, le nombre de postes de police est passé d’un seul avant 2016, à cinq aujourd’hui. Un effort de maillage sécuritaire que le gouvernement entend poursuivre parallèlement aux projets routiers et aux programmes d’accompagnement de l’entrepreneuriat des jeunes.
Ce qui est déjà réalisé en matière d’infrastructures routières a été illustré avec des chiffres éloquents. Le porte-parole du gouvernement a poursuivi avec les recrutements massifs déjà opérés, la dynamique de l’accompagnement de la scolarisation des filles, et les différents programmes mis en place pour soutenir les jeunes évoluant en milieu extrascolaire.
Relativement à l’accord de gouvernance, Wilfried Léandre Houngbédji a développé la vision de gestion collective des affaires de la cité, que porte cette réforme.
Les échanges à Zogbodomey et Agbangnizoun, au-delà des chiffres et promesses, auront permis aux jeunes de s’inspirer du modèle d’engagement politique, du porte-parole du gouvernement qui exhorte la jeunesse à la patience et à la vigilance citoyenne.
Wilfried Houngbédji, porte-parole du gouvernement, éclairant la lanterne des jeunes de Zogbodomey