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La Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a lancé, ce lundi 2 mars à Cotonou, un séminaire de formation à l’intention des journalistes de la zone sud. L’objectif est de rappeler les règles professionnelles, actualiser les connaissances juridiques et renforcer les réflexes déontologiques pour une couverture médiatique rigoureuse et apaisée du scrutin présidentiel du 12 avril 2026.
A un mois du scrutin présidentiel du 12 avril 2026, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) a réuni pour quatre jours, des journalistes de la zone sud pour un atelier de formation consacré à la couverture médiatique des élections générales notamment la présidentielle qui reste. La Haac veut mettre au pas ces professionnels des médias, étant donné que chaque type de scrutin appelle à une préparation spécifique. « D’une élection à une autre, rien n’est identique. Et lorsque le type d'élection change, nous devrions nous retrouver pour nous rappeler les règles professionnelles du métier de journalisme », a rappelé François Awoudo, secrétaire général de la Haac, à l’ouverture des travaux. Il a illustré son propos par l’exemple des articles qui annoncent prématurément une condamnation à l’issue du réquisitoire d’un procureur, sans le verdict final. « De la même manière, le contentieux des élections législatives et communales n’est pas géré par les mêmes institutions que celui de la présidentielle, et les procédures ne sont pas identiques », a-t-il souligné. Il a alors invité les participants à faire preuve d’assiduité durant la formation. Au-delà du rappel des principes fondamentaux du journalisme, il s’agit de se mettre à jour sur les spécificités juridiques et institutionnelles liées au scrutin présidentiel.
Mohamed Baré, vice-président de l’institution, a insisté sur la portée nationale de la mission des médias en période électorale. « Les élections, surtout la présidentielle, constituent toujours un moment crucial dans la vie d’une nation. Elles cristallisent les attentions, suscitent des passions, mobilisent les énergies », a-t-il informé. Dans ces conditions, le rôle du journaliste dépasse, selon lui, la simple diffusion d’information. Il devient un acteur clé de la consolidation de la paix, de la transparence et de la confiance publique. À la veille du scrutin du 12 avril 2026, la responsabilité des médias est jugée immense. Il s’agit de garantir une information fiable, vérifiée, pluraliste et accessible, afin de permettre aux citoyens d’exercer leur droit de vote en toute connaissance de cause.
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C’est pour accompagner les journalistes dans cette mission d’information, que la Haac a initié ce séminaire avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), engagée dans le renforcement des capacités des médias et la consolidation des processus démocratiques. Au cours de cette formation, un accent particulier sera mis sur le « Guide pratique du journaliste en période électorale », publié par Reporters sans frontières avec l’appui de l’Oif. Cet outil, présenté au cours de la formation, constitue une référence pour une couverture responsable et conforme aux exigences déontologiques. Plusieurs thématiques sont au programme pendant les quatre jours que durera ce séminaire. Les participants auront l’occasion d’approfondir leurs connaissances sur la feuille de route du reporter en période électorale, les enjeux de la logistique électorale et la centralisation des résultats. Les différents types de contentieux liés à l’élection présidentielle seront également examinés, qu’il s’agisse du contentieux devant la Cour constitutionnelle ou du contentieux répressif des infractions en matière électorale. La gestion des réseaux sociaux, le traitement des sources et les exigences déontologiques feront l’objet d’une attention particulière. La Haac entend faire également de cette formation un véritable cadre d’échange d’expériences. C’est pourquoi les journalistes présents proviennent d’organes de presse aux réalités diverses. Cette pluralité permettra d’enrichir les débats et de favoriser l’émergence de solutions pratiques adaptées aux contraintes du terrain. A en croire Mohamed Baré, les médias ont le pouvoir « d’informer sans enflammer, d’éclairer sans influencer indûment, de questionner sans diffamer ». À travers ce séminaire, l’institution affiche ainsi sa volonté d’anticiper les défis de la présidentielle de 2026 et de faire de la couverture médiatique un levier de transparence, de responsabilité et de maturité démocratique.
La Haac outille les professionnels des médias pour une couverture responsable de l’élection présidentielle prochaine