La Nation Bénin...
Alors que les Etats-Unis annoncent leur retrait de l’Organisation mondiale de la santé, plusieurs pays s’interrogent sur l’avenir de certains programmes sanitaires. Au Bénin, le gouvernement relativise l’impact de cette décision et met en avant une politique de souveraineté et de résilience, fondée sur la mobilisation des ressources nationales et une adaptation stratégique.
La décision des Etats-Unis d’Amérique de se retirer de l’Organisation mondiale de la santé (Oms) continue de susciter des réactions à travers le monde. Au Bénin, le gouvernement a officiellement réagi par la voix de son porte-parole, Wilfried Léandre Houngbédji, adoptant une posture empreinte de calme, de lucidité et de pragmatisme face à ce tournant majeur dans la gouvernance sanitaire mondiale.
« Nous constatons et nous prenons acte de la nouvelle doctrine des Etats-Unis », a déclaré le porte-parole du gouvernement, mercredi dernier, soulignant ainsi la volonté du gouvernement de considérer cette décision comme un fait international avec lequel il faudra désormais composer. Sans verser dans l’alarmisme, le gouvernement reconnaît toutefois que ce retrait ne sera pas sans effets, notamment pour les pays en développement qui bénéficient de programmes soutenus par l’Oms avec l’appui financier américain.
Selon Wilfried Léandre Houngbédji, cette situation met en lumière la pertinence des choix stratégiques opérés par le Bénin ces dernières années. « C’est déjà heureux que le Bénin ait appris à compter sur ses propres forces avant de compter sur les appuis extérieurs », a-t-il affirmé. Cette déclaration traduit la philosophie de souveraineté et d’autonomie progressive qui guide l’action gouvernementale, en particulier dans les secteurs sociaux sensibles comme la santé.
Le porte-parole n’a pas occulté les conséquences possibles de la décision américaine. Il a reconnu que « ce retrait des Usa de l’Oms ne peut manquer d’avoir des conséquences sur certains projets et programmes du gouvernement », notamment ceux liés à la santé publique, à la prévention des maladies et au renforcement des systèmes sanitaires. Pour autant, il assure que ces impacts sont anticipés et pris en compte dans la réflexion stratégique de l’exécutif.
Face à cette nouvelle donne internationale, le gouvernement béninois affirme agir avec sérénité. Parmi les pistes envisagées figurent la diversification des partenariats techniques et financiers, ainsi qu’une optimisation accrue des ressources nationales comme c’est déjà le cas depuis quelques années. « Il nous appartiendra de nous ajuster par les moyens dont nous disposons, quitte à solliciter d’autres partenaires », a-t-il poursuivi, mettant en avant la capacité d’adaptation du pays.
Cette approche se veut d’autant plus rassurante que, selon le porte-parole, le financement des actions publiques repose désormais essentiellement sur les ressources propres de l’Etat. « Dans tous les cas, l’essentiel du financement des actions est maintenant fait par le gouvernement. De ce fait, les apports des autres restent confortatifs», a-t-il souligné. Une affirmation qui vise à relativiser l’impact direct du retrait américain et à renforcer la confiance dans la résilience de l’action publique.
Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement