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Situation des ex-agents des musées publics: Le règlement des droits et arriérés de salaires autorisé

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Le gouvernement a autorisé, hier en Conseil des ministres, le règlement des droits et arriérés de salaires d’anciens agents recrutés localement dans les musées publics. Une décision à portée sociale, qui s’inscrit dans la dynamique de réforme et de modernisation du secteur touristique et culturel engagée depuis 2016.

Par   Joël C. TOKPONOU, le 29 janv. 2026 à 06h57 Durée 3 min.
#musées publics

Le règlement des droits et arriérés de salaires dus à d’anciens agents recrutés localement au niveau des musées publics a été autorisé, mercredi, en Conseil des ministres. Ce faisant, le gouvernement entend clore un dossier social sensible, hérité d’un mode de gestion antérieur jugé peu transparent, tout en réaffirmant sa volonté de bâtir un secteur culturel et touristique plus structuré et durable.

En fait, dans le cadre du fonctionnement de plusieurs musées publics du pays, des conservateurs et gestionnaires avaient, par le passé, procédé à des recrutements locaux d’agents. Ces derniers étaient rémunérés de manière aléatoire, leur salaire étant conditionné par les recettes issues de la vente des tickets d’entrée aux visiteurs. Ce système, fondé sur les flux de fréquentation des musées, exposait les agents à une grande précarité et reposait sur une gestion financière peu encadrée.

Avec le temps, il est apparu que la gestion des fonds ainsi collectés manquait de transparence. Pour mettre fin à ces pratiques et instaurer une meilleure gouvernance financière dans les établissements culturels, les autorités ont décidé, en décembre 2018, de suspendre la vente directe de tickets dans les musées. Cette mesure s’inscrivait dans une réforme plus large visant à assainir les circuits financiers et à renforcer le contrôle des ressources publiques.

Depuis l’instauration de la nouvelle organisation, les recettes générées par les musées sont directement versées au Trésor public. Si cette réforme a permis d’améliorer la transparence et la traçabilité des fonds, elle a également eu des conséquences sur la situation des agents recrutés localement. Privés de la source de financement qui permettait jusque-là d’assurer leur rémunération, les musées publics se sont retrouvés dans l’incapacité financière de maintenir ces emplois. Ils ont ainsi été contraints de mettre fin aux relations de travail avec les agents concernés.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a décidé d’intervenir. Pour des motifs d’ordre social, il a choisi de prendre en charge l’incidence financière résultant du règlement définitif des droits et arriérés de salaires dus à ces ex-agents. Cette décision vise à réparer, autant que possible, les préjudices subis par des travailleurs qui ont exercé leurs fonctions dans un cadre institutionnel insuffisamment structuré et qui se sont retrouvés sans ressources à la suite des réformes engagées.

Au-delà de l’aspect social, cette mesure reflète la nouvelle dynamique impulsée par le gouvernement dans le secteur du tourisme et, plus particulièrement, dans le développement et la valorisation des musées publics. Elle traduit la volonté des autorités de concilier rigueur dans la gestion publique et responsabilité sociale, en veillant à ce que les réformes structurelles ne se fassent pas au détriment des citoyens.

Cette décision s’inscrit également dans la vision portée par le président Patrice Talon depuis son accession au pouvoir. Comme inscrit dans le Programme d’action du gouvernement (Pag), l’ambition affichée est de «faire du tourisme un levier de développement économique et le principal outil de rayonnement du Bénin à l’international ». Dans cette perspective, les musées occupent une place stratégique, en tant que vitrines du patrimoine historique, culturel et artistique du pays.

Pour le gouvernement, le tourisme constitue aujourd’hui l’un des piliers majeurs de l’économie nationale en pleine transformation structurelle. Dans le cadre de l’initiative «Bénin Révélé » et des options de développement retenues, ce secteur est appelé à jouer un rôle central dans la diversification de l’économie, la création d’emplois et l’attractivité internationale du pays. C’est pourquoi, depuis 2016, des investissements massifs ont été engagés pour étoffer et moderniser l’offre touristique nationale.

Ces investissements concernent notamment la construction et la modernisation des musées, avec l’ambition de les hisser aux standards internationaux. La rénovation des infrastructures, la professionnalisation de la gestion, la mise en valeur des collections et l’amélioration de l’expérience des visiteurs constituent autant de chantiers en cours. Dans ce contexte, l’assainissement des pratiques de gestion héritées du passé apparaît comme une condition indispensable à la réussite de cette transformation.