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Les services financiers numériques ont poursuivi leur expansion dans la zone Uemoa, avec au moins 248 millions de comptes dont 76,8 millions actifs en 2024, selon la Bceao. La croissance soutenue des transactions et des points d’acceptation illustre le rôle central de la monnaie électronique dans l’inclusion financière régionale.
Le nombre de comptes de monnaie électronique a bondi de 18,99 % en 2024 dans l’espace Uemoa, atteignant 248,7 millions contre 209 millions en 2023 et 25,5 millions il y a dix ans, selon le Rapport annuel sur l’évolution des services financiers numériques dans l’Uemoa au titre de l’année 2024 (Bceao, janvier 2026). Les établissements spécialisés détiennent 70,88 % des comptes, tandis que les banques en concentrent 28,4 %.
Le nombre de comptes actifs a atteint 76,8 millions en 2024, en hausse de 11,6 % par rapport à l’année précédente, soit un taux d’activité de 30,9 % dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
En revanche, le nombre de points de services a légèrement reculé, passant de 1,67 million en 2023 à 1,59 million en 2024 (-5,23 %). Cette baisse s’explique notamment par la réduction des commissions versées aux distributeurs et par la fermeture de points inactifs, particulièrement au Bénin (-29,69 %) et au Mali (-46,34 %), d’après la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
A l’inverse, les points d’acceptation marchands ont connu une expansion spectaculaire. Leur nombre a plus que doublé, passant de 1,75 million en 2023 à 3,7 millions en 2024 (+111,46 %), sous l’effet du déploiement massif de solutions de paiement par QR Code, notamment en Côte d’Ivoire (+140,32 %).
160 415 milliards F Cfa de transactions
A fin 2024, l’Uemoa comptait 69 initiatives d’émission de monnaie électronique, dont 52 portées par des banques, 14 par des établissements spécialisés, deux par des Trésors publics nationaux et une par une institution de microfinance. Neuf nouvelles initiatives ont été enregistrées au cours de l’année, tandis que trois établissements ont perdu leur agrément pour non-respect des conditions d’exercice.
Les banques renforcent progressivement leur présence dans cet écosystème, représentant désormais 71,6 % des offres contre 69,8 % en 2023, souvent en partenariat avec des FinTech.
L’activité transactionnelle a poursuivi sa forte progression. Au total, 11 milliards d’opérations ont été enregistrées en 2024 pour une valeur globale de 160 415 milliards F Cfa, soit une hausse de 27 % en volume et de 20 % en valeur par rapport à 2023, selon la Bceao. La valeur moyenne mensuelle des transactions s’est établie à 13 183 milliards F Cfa, en progression de 21,5 %.
Les opérations de dépôts et de retraits représentent 30,37 % du volume des transactions mais 56,76 % de leur valeur, confirmant leur poids dans l’utilisation de la monnaie électronique.
Les Eme toujours prépondérants
Les paiements électroniques concentrent 45,12 % du volume total des transactions, mais seulement 9,62 % de leur valeur. Les transferts, quant à eux, représentent 20,92 % du volume et 31,84 % de la valeur. La valeur globale des transactions équivaut désormais à 118,94 % du produit intérieur brut (Pib) de l’Union contre 105,59 % en 2023.
Les transferts transfrontaliers au sein de l’Union ont également progressé. Leur nombre a atteint 102 millions d’opérations en 2024, en hausse de 23,65 %, pour une valeur totale de 5 661 milliards F Cfa, soit une progression de 33,46 %.
Les établissements de monnaie électronique (Eme) concentrent encore 81,8 % des transactions en volume, mais leur part recule progressivement au profit des banques, dont la contribution passe de 13,3 % en 2023 à 18,2 % en 2024.
Selon la Bceao, les services financiers numériques contribuent désormais à hauteur de 57,2 % au taux global d’inclusion financière de l’Union, estimé à 73,6 %. Une évolution qui confirme le rôle déterminant de la monnaie électronique dans la transformation financière de la sous-région.
Si la contraction du réseau de distribution interpelle, l’explosion des points d’acceptation et la montée en puissance des banques traduisent une mutation rapide vers une économie plus digitalisée et plus inclusive.
8 millions d’opérations transfrontalières pour 230 milliards F au Bénin
Dans les transferts transfrontaliers intra-Uemoa, la Côte d’Ivoire domine largement avec près de 33 millions d’opérations, tant en émission qu’en réception, pour une valeur globale de 1 924 milliards F Cfa. Le Bénin s’inscrit également dans cette dynamique avec 8 millions d’opérations enregistrées en 2024 pour une valeur totale de 230 milliards F Cfa. La valeur moyenne d’une transaction est estimée à 5 172 F Cfa.
Le pays comptait 37,5 millions de comptes de monnaie électronique, dont 11,2 millions actifs, soit un taux d’activité de 29,99 % et une part de 15,09 % dans l’Union.
Le nombre total de points de services (Gab, sous-distributeurs et distributeurs principaux) s’élevait à 324 976, en baisse de 29,69 %. En revanche, 462 772 commerces étaient inscrits pour effectuer des paiements marchands.
Au total, le nombre de transactions a atteint 2,54 milliards (+11,29 %), dont plus de 200 millions de transferts de personne à personne pour une valeur de 3 104 milliards F Cfa. Les paiements marchands représentaient 1,8 milliard d’opérations pour une valeur de 1 618 milliards F Cfa.
La progression des comptes, l’essor des paiements électroniques et la di- versification des acteurs traduisent une consolidation du secteur finan- cier numérique dans la zone Uemoa