La Nation Bénin...
L’Agence béninoise pour l’Environnement (Abe) a célébré en différé, ce mercredi 4 février, la Journée mondiale des zones humaines commémorée le 2 février de chaque année. L’édition de cette année fait un focus sur les savoirs traditionnels de protection des zones humides et surtout l’intégration des pratiques endogènes dans les mécanismes modernes de gestion environnementale.
Depuis des lustres, les savoirs traditionnels contribuent à la sauvegarde des zones humides et de l’environnement en général. Mais au fil des années, ces pratiques endogènes perdent de leur importance.
A l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, l’Agence béninoise pour l’Environnement (Abe) a jugé utile de faire un focus sur le sujet. Le thème retenu à cet effet est «Zones humides et savoirs traditionnels : célébrer le patrimoine culturel ». Pour Dr François-Corneille Kèdowidé, directeur général de l’Abe, le thème rappelle, ramène à la réalité et insiste sur le fait que la protection durable des zones humides ne saurait être efficace sans la reconnaissance, la documentation et la transmission intergénérationnelle des savoirs traditionnels. « Ce thème n'est pas anodin et nous invite à porter un regard nouveau mais surtout respectueux sur l'héritage culturel et écologique de notre pays », appuie professeur Constant Houndenou, conseiller technique au Développement durable du ministre du Cadre de vie et des Transports chargé du Développement durable.
La célébration de cette journée est donc une invitation à bâtir des passerelles solides entre savoirs ancestraux, savoirs dits traditionnels et approches scientifiques, entre tradition et innovation, entre anciens et nouveaux, ou bien anciens et jeunes, explique le directeur général de l’Abe. A sa suite, Alain S. Orounla, préfet du département du Littoral, salue l’initiative et plus en particulier le focus sur les savoirs traditionnels qui permettent de protéger ces zones humides depuis des centaines d’années.
Pratiques endogènes en chute libre
« Oui ! Ces savoirs traditionnels permettent depuis des siècles de préserver les ressources, d'assurer la sécurité alimentaire et de maintenir l'équilibre entre l'homme et son environnement », confirme le représentant du ministre du Cadre de vie. Mais aujourd'hui, se désole-t-il, face aux effets du changement climatique et à la consommation de l'espace, la pression démographique et la dégradation accélérée des zones humides, ces pratiques ancestrales apparaissent plus que jamais comme des solutions complémentaires essentielles aux approches scientifiques modernes et aux défis du développement contemporain.
A l’en croire, les zones humides ne sont pas seulement des écosystèmes naturels, elles sont des espaces de vie, de civilisation, qu'elles soient rurales ou urbaines, de spiritualité, de transmission et de régulation sociale, gérées depuis des générations grâce à des pratiques traditionnelles éprouvées.
« Nos communautés ont su, bien avant les instruments modernes de gestion environnementale, instaurer des zones sacrées, interdites d'exploitation, définir des périodes de repos biologiques, réglementer la pêche, la chasse et l'accès à l'eau, des règles fondées sur le respect de la nature, d’où le caractère du développement endogène ou des savoirs endogènes », précise professeur Constant Houndenou. Il rassure que le gouvernement reconnaît pleinement la valeur de ce patrimoine immatériel et réaffirme sa volonté de promouvoir une gestion intégrée des zones humides fondée d'abord sur la connaissance scientifique, l'expertise institutionnelle et les savoirs traditionnels portés par les communautés.
La célébration de la Journée sonne aussi comme un appel à la jeunesse béninoise afin qu'elle se réapproprie cet héritage, non pas comme un vestige du passé, mais comme un levier d'avenir et de développement durable, a laissé entendre le conseiller technique du ministre.
À travers ses actions, l'Abe intègre les pratiques endogènes dans les mécanismes modernes de gestion environnementale, renforce les capacités des collectivités locales, promeut la pratique et la participation communautaire et valorise les connaissances locales comme outils de gouvernance et de gestion de l'environnement. Ainsi, la célébration a été marquée par plusieurs communications et panels d’experts. Ces derniers ont expliqué que la pression anthropique, l'urbanisation galopante et anarchique, la délinquance faunique, la pollution de toutes sortes, le changement climatique, la surexploitation des ressources et autres fragilisent durablement ces milieux essentiels.
Les savoirs traditionnels et pratiques endogènes contribuent à la conservation des zones humides depuis des siècles