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Adaptation au climat: Les risques liés au déficit de financement

Société
Face au réchauffement climatique, il urge de renforcer  les mesures d’adaptation Face au réchauffement climatique, il urge de renforcer les mesures d’adaptation

Le financement de l’adaptation au climat fait partie des priorités mondiales. Il y a un risque, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, lié au déficit de financement de l’adaptation pour la planète. La mobilisation aidera le monde à maîtriser le réchauffement climatique.

Par   Alexis METON A/R Atacora-Donga, le 13 févr. 2025 à 08h45 Durée 2 min.
#réchauffement climatique

Le défaut de financement et de planification de l’adaptation au climat expose le monde au danger, selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue). Dans une étude, il fait observer un manque de financement et de  préparation pour réussir l’adaptation au climat. Le Pnue informe que les progrès en matière d’adaptation au climat ralentissent alors qu’ils devraient s’accélérer pour aller de pair avec les conséquences croissantes du changement climatique. 

Il y a un fossé croissant entre les besoins et l’action, a constaté Antonio Guterres, secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, lorsqu’il s’agit de protéger les populations des extrêmes climatiques. Il est plus urgent que jamais de prendre des mesures pour protéger les populations et la nature, ajoute-t-il. « Des vies et des moyens de subsistance sont perdus et détruits, et ce sont les plus vulnérables qui souffrent le plus. Nous sommes dans une situation d’urgence en matière d’adaptation au climat. Nous devons agir en conséquence et prendre des mesures pour combler le déficit d’adaptation, dès maintenant », a insisté Antonio Guterres.

Le rapport du Pnue examine les progrès réalisés en matière de planification, de financement et de mise en œuvre des mesures d’adaptation. Il constate que les besoins de financement des pays en développement en matière d’adaptation sont 10 à 18 fois plus importants que les flux de financement public international. Ce chiffre est supérieur de plus de 50 % à l’estimation précédente. Il y est indiqué que les coûts modélisés de l’adaptation dans les pays en développement sont estimés à 215 milliards de dollars par an au cours de cette décennie. Ils devraient augmenter considérablement d’ici à 2050. Le financement nécessaire pour mettre en œuvre les priorités nationales en matière d’adaptation est estimé à 387 milliards de dollars par an, souligne-t-il. C’est le cas des contributions déterminées au niveau national et des plans nationaux d'adaptation des pays en développement.

« Malgré ces besoins, les flux publics multilatéraux et bilatéraux de financement de l'adaptation vers les pays en développement ont diminué de 15 % pour atteindre 21 milliards de dollars en 2021. En raison des besoins croissants de financement de l'adaptation et de la diminution des flux, le déficit actuel de financement de l'adaptation est estimé à 194,366 milliards de dollars par an. Dans le même temps, la planification et la mise en œuvre de l'adaptation semblent plafonner », a mentionné le Pnue. Une incapacité à s'adapter a des répercussions considérables, en particulier pour les personnes les plus vulnérables.

Le Pnue suggère sept moyens pour accroître le financement, notamment grâce aux dépenses nationales et des financements internationaux et du secteur privé. Les transferts de fonds, l'augmentation et l'adaptation du financement des petites et moyennes entreprises et la réforme de l'architecture financière mondiale sont autant de pistes supplémentaires que l’institution préconise. « Le nouveau fonds pour les pertes et dommages devra également s'orienter vers des mécanismes de financement plus innovants afin d'atteindre l'échelle d'investissement nécessaire », soutient le Pnue.

Le monde doit de toute urgence réduire les émissions de gaz à effet de serre et intensifier les efforts d’adaptation afin de protéger les populations vulnérables, conseille Inger Andersen, directrice exécutive du Pnue. C’est à ce prix que les perturbations meurtrières liées aux dégâts des changements climatiques tels que les tempêtes, les inondations, les vagues de chaleur, les incendies de forêt, l’élévation de température... seront évitées.