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Réduction de la mortalité maternelle: Des acteurs décident d'une réponse multisectorielle ambitieuse

Société
Des acteurs identifient les priorités et définissent des actions concrètes  en faveur de la santé maternelle et néonatale. Des acteurs identifient les priorités et définissent des actions concrètes en faveur de la santé maternelle et néonatale.

Face à la persistance de la mortalité maternelle comme défi majeur de santé publique, le Bénin initie une nouvelle dynamique. Depuis ce jeudi 29 janvier à Cotonou, des consultations nationales sont en cours pour adapter la feuille de route régionale de réduction accélérée de la mortalité maternelle aux réalités nationales, identifier les priorités et définir des actions concrètes en faveur de la santé maternelle et néonatale.

Par   Isidore GOZO, le 30 janv. 2026 à 11h05 Durée 3 min.
#mortalité maternelle

La réduction de la mortalité maternelle n’est plus seulement un enjeu de santé, mais un impératif de développement. À Cotonou, les acteurs posent les jalons d’une réponse nationale coordonnée pour sauver davantage de vies. Organisées avec l’appui du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), ces consultations rassemblent des représentants de plusieurs ministères, des Partenaires techniques et financiers, des acteurs de la société civile ainsi que des experts nationaux.

Dans son mot de bienvenue, Cyriaque Edon, directeur général des Politiques de développement au ministère du Développement et de la Coordination de l'action gouvernementale, a souligné l’importance de cette rencontre dans le processus d’opérationnalisation du cadre national de lutte contre la mortalité maternelle. Selon lui, ces consultations s’inscrivent dans la consolidation des engagements du Bénin pour l’implémentation effective de la feuille de route régionale lancée le 12 mars 2025 en Guinée-Bissau. « Il ne s’agit pas de transposer mécaniquement un document régional, mais de l’ancrer dans nos priorités de développement et dans notre architecture nationale de planification », a-t-il insisté. L’objectif est notamment de procéder à une analyse comparative entre les interventions existantes et les recommandations régionales, afin d’identifier les écarts opérationnels à combler en priorité. Les conclusions issues de ces échanges serviront de base à l’élaboration du Programme national multisectoriel d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle 2026-2030, appelé à devenir l’instrument opérationnel de traduction de la feuille de route régionale en actions concrètes, budgétisées et planifiées.

Dr Richmond Tiemoko, représentant résident de l’Unfpa au Bénin, a salué les progrès significatifs réalisés ces dernières années grâce aux efforts du gouvernement béninois, avec l’appui de ses partenaires. Il a notamment évoqué la structuration et l’opérationnalisation du réseau national des soins obstétricaux et néonatals d’urgence, assurant aujourd’hui une couverture estimée à 82 % de la population. À cela s’ajoutent la mise en place d’un système de surveillance des décès maternels et néonatals, le déploiement de dispositifs de gestion des hémorragies post-partum, le renforcement de la chaîne d’approvisionnement en produits contraceptifs et l’intensification du mentorat clinique dans les formations sanitaires.

Toutefois, Dr Richmond Tiemoko a rappelé que le rythme de réduction de la mortalité maternelle demeure en deçà des ambitions nationales. Il a mis en lumière deux défis majeurs à savoir : la faiblesse de l’approche multisectorielle et l’insuffisance du financement durable des services de santé maternelle. « La santé de la mère et du nouveau-né ne relève pas du seul ministère de la Santé. Elle est étroitement liée à l’éducation, à l’égalité de genre, à la nutrition, aux infrastructures, à la sécurité et au financement », a-t-il souligné, appelant à une implication effective et financière de tous les secteurs.

Priorités

Représentant le ministre d’Etat en charge du Développement et de la coordination de l’Action gouvernementale, Alastaire Sèna Alinsato a, pour sa part, réaffirmé la détermination de l’exécutif à faire de la réduction de la mortalité maternelle une priorité structurante de l’action publique. Il a souligné que cette ambition s’inscrit dans la vision globale de transformation du système de santé béninois, engagée depuis plusieurs années à travers des réformes profondes visant à améliorer l’accessibilité, la qualité et l’équité des soins. À cet égard, il a rappelé les avancées enregistrées, notamment l’amélioration progressive de l’accessibilité financière aux soins, le renforcement de la santé communautaire pour rapprocher les services des populations, la modernisation du plateau technique des formations sanitaires et la mise en place de mécanismes d’assurance maladie destinés à réduire les barrières économiques à l’accès aux soins, en particulier pour les femmes enceintes.

Toutefois, le représentant du ministre d’État a insisté sur la nécessité d’une lecture lucide de la situation. Malgré les progrès réalisés, la mortalité maternelle demeure un défi majeur, révélateur de déterminants multiples allant au-delà du seul secteur de la santé. C’est pourquoi il a plaidé pour une approche multisectorielle renforcée, fondée sur une synergie effective entre les différents ministères, les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations de la société civile. Selon lui, seule une action coordonnée, cohérente et durable permettra d’accélérer significativement la réduction des décès maternels évitables.