La Nation Bénin...
Samedi 28 février 2026 restera une date fondatrice pour le sport à Agoué. Cette cité balnéaire a officiellement accueilli son tout premier club de rugby, à l’initiative de Wilfried Djossouvi, fils du terroir et président de Baobab Rugby Club. Une initiative saluée par la Fédération béninoise de rugby et les autorités locales, venues nombreuses témoigner leur adhésion à ce projet.
Pour marquer la naissance officielle du club de rugby à Agoué, cité balnéaire du département du Mono, située à 159 kilomètres de Cotonou, samedi 28 février, deux matchs d’exhibition ont été disputés aux sons de fanfares, offrant à la population une première immersion dans l’univers du rugby. Sur le terrain, joueurs et joueuses ont démontré, balle en main, que le rugby est à la fois spectacle, engagement collectif et respect des règles. Une découverte vivante, pensée comme un acte pédagogique et sportif. Pour Wilfried Djossouvi, l’initiative relève autant du cœur que de la conviction. « Agoué, c’est ma ville natale. La moindre des choses, c’était d’y créer un club de rugby », a-t-il confié. Son ambition est de faire connaître un sport encore méconnu localement, en particulier auprès de la jeunesse d’Agoué. A ses yeux, le rugby est un outil d’éducation et d’inclusion, accessible à ceux qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans le football ou le basketball. Le projet, porté sur fonds propres et avec l’appui de partenaires européens dont sa fille, championne de rugby en France, devrait déboucher sur la création du club Scorpion 22 d’Agoué. D’ailleurs, l’initiative a trouvé un écho favorable auprès des autorités communales. La cheffe d’arrondissement d’Agoué, Rosine Chantale Roma, n’a pas caché son enthousiasme. Pour elle, l’arrivée du rugby marque une ouverture ; celle d’une discipline porteuse de visibilité et de dynamisme pour l’ensemble des huit villages de l’arrondissement. « C’est un nouveau bébé, et quand c’est un bébé, on en prend soin », a-t-elle affirmé, promettant le soutien de l’Association de développement d’Agoué. Du côté des instances sportives, la satisfaction est tout aussi perceptible. Le secrétaire général de la Fédération béninoise de rugby, Abel Carlos Semassou, voit dans cette création un pas de plus pour la pratique du rugby sur l’ensemble du territoire national. Même son de cloche chez Dominique Folly Amavi, président de Rugby sans frontières, qui salue une initiative audacieuse dans un environnement traditionnellement dominé par le football.
Appel à la communauté d’Agoué
Sur le plan technique, le projet s’inscrit dans une logique de structuration progressive. Le coach du Baobab Rugby Club et sélectionneur national féminin à XV, Prince Tanguy Agbessy, appelle à la sensibilisation de la communauté, la formation des enseignants d’éducation physique, puis l’intégration progressive des jeunes d’Agoué et de Grand-Popo dans le circuit national. Les matchs d’exhibition avaient ainsi pour objectif de montrer les fondamentaux du jeu, l’esprit collectif et les valeurs de solidarité qu’il véhicule. Ainsi, la réussite du projet passera par l’adhésion durable des familles et l’engagement régulier des jeunes. Un appel clairement lancé par les promoteurs et les autorités, convaincus que le rugby peut devenir, à Agoué, bien plus qu’un sport, un levier d’éducation, de cohésion sociale et de rayonnement local.
Wilfried Djossouvi crée un nouveau club à Agoué