La Nation Bénin...

De ville inondée à ville résiliente: Comment Cotonou sort la tête de l'eau

Actualités
Le nouveau visage de Cotonou avec ses nouveaux ouvrages... Le nouveau visage de Cotonou avec ses nouveaux ouvrages...

La capitale économique du Bénin s’est métamorphosée, à l’issue des travaux de construction d’infrastructures de voirie dans le cadre du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (Papc). La ville respire et rayonne mieux que par le passé. Derrière ces travaux d’envergure, se trouve une ambition noble : mettre fin aux inondations récurrentes et repenser durablement l’assainissement et le cadre de vie des Cotonois.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 27 févr. 2026 à 07h08 Durée 3 min.
#Cotonou #Urbanisation #Cadre de vie

A Cotonou, la lutte contre les inondations change d’échelle. Et l’impossible devient possible. Certains quartiers de la ville à l’instar d’Akpakpa-Dodomè, Enagnon, Sètovi, réputés très vulnérables aux inondations, se montrent désormais résilients, écologiques et sains grâce aux infrastructures de voirie réalisées au titre du Programme d’assainissement pluvial de Cotonou (Papc). Il y fait dorénavant bon vivre.

Avant l’intervention du Papc, « l’eau de ruissèlement qui quittait le quartier Jack, nous envahissait. Il n’y a pas cette maison qui n’était pas inondée, parce qu’elle venait en abondance et avec une forte pression à telle enseigne que rien ne lui résistait… », témoigne Corneille Saïzonou, chef quartier d’Akpakpa-Dodomè, dans un documentaire diffusé sur Srtb. Les inondations cycliques imposent un lourd tribut, marqué par une multiplication des problèmes de santé et une paralysie de la mobilité, freinant l'accès aux soins et aux activités économiques. Cela exacerbait la vulnérabilité des populations.

« Aujourd’hui, nous ne connaissons plus les inondations et leurs conséquences. Les eaux stagnantes, les odeurs nauséabondes, les maladies fréquentes liées à l’eau ont drastiquement diminué », assure Grégoire Djidonou, chef quartier Enagnon. « Nous ne connaissons plus les difficultés liées aux inondations à Setovi. Le quartier est devenu ‘‘Petit Paris’’ pour nous… », confirme Judith da Silva, habitante du quartier Setovi.

Des ouvrages durables

Ce changement de cap a été possible grâce à la volonté du gouvernement d’assainir le cadre de vie des populations. 69,5 kilomètres de collecteurs ont été construits, contre 19,6 avant 2016. 35 nouveaux bassins ont été érigés contre deux par le passé. 23 kilomètres de routes ont été réaménagés. Dans le sixième arrondissement, 1430 mètres de collecteurs ont été aménagés et l'éclairage public a été densifié. Dans les quatrième et dixième arrondissements, les rues sont devenues plus praticables et les bassins fonctionnels. « Il y a des collecteurs primaires qui sont les plus grands des ouvrages. Il y a des collecteurs secondaires qui aboutissent aux collecteurs primaires. Et ensuite il y a les caniveaux latéraux qui se jettent dans les collecteurs secondaires. En plus de tout ceci, il y a des bassins de rétention qui servent d’exutoires aux collecteurs, parce que l’océan est trop loin pour servir d’exutoires ou le lac Nokoué est trop loin pour servir d’exutoire», explique Oswald Gangbo, coordonnateur du Papc. Ces infrastructures se distinguent par leur approche. Selon le coordonnateur, elles sont basées sur un plan directeur d'assainissement de la ville de Cotonou. Elles sont réalisées en cohérence avec les travaux d’asphaltage et autres. « Une autre différence, poursuit Oswald Gangbo, c'est l'envergure de l'intervention à tout point de vue. Les montants engagés, l'envergure des travaux proprement dits, et un certain nombre d'aspects sur lesquels une attention particulière a été portée. Notamment en ce qui concerne la gestion environnementale et sociale. C'est un programme qui a la particularité d'approcher le problème de l'inondation dans sa globalité, dans toute la ville de Cotonou… ».

Chaque collecteur, chaque bassin a été pensé pour s’inscrire dans le temps, tout en préservant l’équilibre naturel. Les déblais ont été traités et évacués dans le respect des normes les plus exigeantes. Autour des ouvrages, la végétation a repris ses droits. Là où s’étendaient autrefois des zones insalubres émergent désormais de véritables espaces verts. L’écologie urbaine s’ancre dans le paysage au sens propre comme au sens figuré. « Ce programme a quelque chose de particulier en ce qui concerne la gestion d'un volet environnemental et social. Il y a un plan de gestion environnemental et social qui a été élaboré et qui est mis en œuvre de façon très rigoureuse et qui a prévu, par exemple, l’aménagement d'enclaves dans l'emprise des bassins de rétention. Donc le programme n'est pas juste venu enlever toute la végétation. Les enclaves servent à conserver la faune et la flore », fait noter Oswald Gangbo.

Une ville plus résiliente

Le Papc a prévu, en dehors des grands travaux, dont l'initiative est prise par le gouvernement, la réalisation de sous-projets communautaires, au profit des communautés. Les interventions de ces sous-projets ont la particularité d’être identifiées par les bénéficiaires eux-mêmes. Oswald Gangbo explique qu’il ne s’est pas agi d'aménagements imposés. « Ces sous-projets peuvent être des travaux ou des sous-projets d'une autre nature. L'objectif est d'obtenir, de gagner l'adhésion des populations », indique-t-il.

Aujourd’hui, Cotonou affronte la saison des pluies avec davantage de sérénité. L’eau est absorbée ou canalisée. Les routes résistent, les maisons sont protégées. La santé publique s’améliore, l’environnement et l’écologie reprennent leur place. Ce qui, autrefois, était un problème récurrent tend à s’estomper. Grâce à une vision structurée, des choix techniques cohérents et un projet mûri à l’échelle de toute la ville. Cotonou renforce sa résilience et permet désormais à ses habitants d'en rêver encore plus. Pour les autorités, leur souhait est tout à fait normal, et à les en croire, ce qui est fait par le Papc n’est que le début de la transformation radicale de la ville vitrine du Bénin.