La Nation Bénin...
Peu disert depuis les dernières élections législatives, le président de Moele-Bénin, Jacques O.H.S Ayadji assure qu’il n’en est rien et que toute l’énergie combative de son parti est déjà déployée pour le triomphe du duo de candidats de la mouvance.
La Nation : Monsieur le Président, vous et votre parti êtes devenus bien silencieux depuis les dernières élections législatives. A quoi est due cette aphonie ?
Jacques O.H.S Ayadji : Ce n’était pas dans mes habitudes ni celles de Moele-Bénin de se prononcer tous azimuts. Ceci dit, je me demande sur quels sujets vous voudriez qu’on se prononce pour contenter votre soif de nous entendre. Sur la chronique politique nationale? Ou sur la guerre au Moyen-Orient, avec ses incidences inflationnistes auxquelles nous n’allons sans doute pas échapper au Bénin ?
Quant à l’?ph?ni? que vous semblez déplorer depuis les él??ti?ns législatives de janvier 2026, elle ne s’inscrit nullement dans cette ??nj?n?tur?, mais relève plutôt d’une stratégie réfléchie de r??ul ?n?l?tiqu? pour mieux en tirer les leçons et opérer une redéfinition des priorités du parti dans un futur proche, dont notre contribution à la présidentielle imminente.
Cette soif est intensifiée par l’absence de toute initiative médiatique de votre part suite aux législatives...
Il est vrai que la publication faite à cet effet sur mes canaux digitaux et le communiqué rendu public par Moele-Bénin ont pu échapper à votre sagacité. Il est aussi vrai que les résultats de ces élections génèrent natur?ll?m?nt des int?rr?gati?ns sur leurs ??uses s?us-j???ntes, les leçons à tirer pour redéfinir les priorités du parti f??? aux enjeux à venir. C’est en toute lucidité que nous abordons toutes ces problématiques au sein du parti. Mais pour être tout à fait clair, si c’est la préoccupation que soulève votre question en filigrane, nous sommes loin d’être démotivés. Tout au contraire, à l’agenda du parti se trouve en bonne place inscrite la remobilisation de nos forces, convaincus que nous sommes que la vie d’un parti n’est pas un long fleuve tranquille. D’ailleurs, si c’était un fleuve, ce serait le Mékong plutôt, réputé pour être très rude et sinueux. Je vous donne donc rendez-vous à l’embouchure... (Sourire).
Mais alors, que retenir concrètement de votre participation aux dernières législatives ?
C’est vrai que les résultats obtenus n’étaient pas au diapason de nos attentes et de la ferveur que nous avons notée lors de la campagne, mais c’est là l’énigme du suffrage universel, notamment au Bénin où c’est même une équation à mille inconnues. Ce sont les vicissitudes électorales, qu’il faut appréhender comme tel. Ceci étant, je peux résumer notre participation à ce scrutin par une sagesse de Nelson Mandela de vénérée mémoire : « I never lose, I either win or learn ».
Autrement dit, je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. Nous avons beaucoup appris de ces élections à Moele-Bénin. Moi en premier.
N’empêche que c’est une déconvenue électorale que vous avez enregistrée là ?
Mon fort n’est sans doute pas la philosophie, mais comment pourriez-vous tirer une telle conclusion si elle n’était hâtive, lorsqu’on sait qu’une élection peut se jouer à “qui perd gagne”? Mais je vous accorde que c’est assurément une bataille de perdu, mais non pas la guerre. D’ailleurs Moele-Bénin est depuis engagé dans une autre bataille, une bataille décisive ??ntré? sur l’élection présidentielle, par son appui au duo Wadagni-Talata, car vous n’êtes pas sans savoir que tel est notre choix résolu pour ce scrutin. Et cette bataille, certes difficile, sera remportée par le combat que nous nous apprêtons à engager sur le terrain, au regard de la qualité de la candidature que porte la mouvance présidentielle, avec en lead Romuald Wadagni, dont les qualités ont été éprouvées ces dix dernières années et que les Béninois ont appris à connaitre. C’est un euphémisme de le dire. Il en est de même pour madame Talata qui reste un atout inestimable, ne serait-ce que pour la figure apaisante qu’elle incarne en plus d’être une femme leader inspirante.
Justement, on s’interroge sur la partition que Moele-Bénin est appelée à jouer dans le cadre de cette présidentielle...
Moele-Bénin prend une part active à la campagne présidentielle et est représenté tant au niveau de la coordination nationale qu’au niveau des démembrements, notamment au niveau des coordinations des circonscriptions électorales. C’est dire qu’il ne saurait avoir d’initiatives isolées autrement que d’œuvrer en toute discipline dans le cadre et la ligne tracés par la Mouvance dans la perspective de cette campagne présidentielle. Et auxquels Moele-Bénin a souscrit et participe ardemment. Il s’agit d’impératifs de discipline ??ll??tiv?, dont l’observance ne peut être que productive. Vous savez que rien de bien ne se fait sans observer un minimum d’ordre et de discipline.
A propos d’initiatives isolées, quelle appréciation faites-vous des mouvements politiques qui se multiplient dernièrement ?
Il y a toujours une part de dynamique irrationnelle dans une campagne électorale et qui échappe à tout contrôle. Qu’en dehors des cadres formels des partis, que des citoyens pris individuellement ou collectivement cherchent à participer à la fête électorale, contribue à cette dynamique. On n’a pas noté ce phénomène lors des législatives, mais si l’on retient que la présidentielle est la rencontre entre un peuple et son dirigeant, il n’y a pas lieu de s’émouvoir outre mesure de ces mouvements qui essaiment ces jours-ci. D’ailleurs, tout candidat digne du nom à une élection présidentielle, qui ne bénéficie pas d’une telle ferveur populaire, au-delà de tout cadre formel qu’il aurait mis en place, est voué à l’échec. Même s’il convient de veiller, pour le bien de notre système partisan, que ces soutiens circonstanciels ne soient mus par un esprit purement clientéliste. Pour moi, ces mouvements sont plus que nécessaires aujourd'hui car il faut aller rechercher nos très nombreux compatriotes qui n'avaient pas pris part aux dernières élections. Moele-Bénin comprend donc l'importance de ces mouvements qui ne font que vulgariser et mettre en œuvre sur le terrain le mot d’ordre de soutien à notre duo lancé par les partis de la mouvance présidentielle. Vous devez bien observer qu'aucun des trois partis soutenant le duo ne s'en est publiquement offusqué. D'ailleurs, ce sont pour la plupart des militants issus de ces différents partis qui animent ces mouvements.
Un dernier mot pour mettre un terme à cet entretien ?
Je veux surtout exhorter nos compatriotes à faire de ce scrutin présidentiel, comme nous savons si bien le faire, une belle fête de la démocratie. En se mobilisant pour la campagne et pour aller voter dans la paix et la ferveur électorale. En ce qui nous concerne à la mouvance présidentielle, nous donnons rendez-vous le 12 avril pour célébrer le triomphe du développement du Bénin, car nous nous battrons de toutes nos forces sur le terrain pour que la motion du développement du Bénin portée par notre duo Wadagni-Talata l’emporte, pour notre bien à nous tous.
Jacques O.H.S Ayadji