La Nation Bénin...
A deux mois de la présidentielle de 2026, le dispositif électoral béninois est passé au crible par une mission internationale. En visite à Cotonou, la délégation du National Democratic Institute a rencontré la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication pour s’informer sur les mesures encadrant la couverture médiatique du scrutin et le rôle du régulateur, ce mercredi 18 février, au siège de l’institution à Cotonou.
Médias, équité, responsabilité et liberté sont au cœur des discussions entre des experts internationaux du National Democratic Institute (Ndi) et la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) dans la perspective de la présidentielle d’avril prochain. Pour Catherine Samba-Panza, ancienne présidente de transition de la République centrafricaine, l’on ne peut venir en mission préélectorale sans rencontrer la Haac afin d’obtenir des informations de première main sur le cadre juridique audiovisuel et communicationnel. A l'occasion, le président Edouard Loko a rappelé que l’institution est chargée de réguler les médias et la communication et qu’elle attribue les fréquences et autorisations légales. Relevant que des élections se suivent mais ne se ressemblent jamais notamment pour avoir à peine fini la gestion des législatives et communales du 11 janvier dernier, le président de la Haac indique que le rôle de l’institution est d’œuvrer pour que “les médias aient une attitude responsable” en tout temps. Cependant, explique-t-il, à six mois d’un scrutin, la Haac décrète une période préélectorale durant laquelle les médias sont soumis à une surveillance accrue pour garantir l’équité.
Et deux semaines avant le vote s’ouvre la campagne électorale, marquée par l’exigence d’égalité stricte entre les partis politiques. « Le rôle de la Haac est de faire en sorte que les médias restent libres mais responsables. La liberté est intangible, surtout celle de la presse », a insisté Edouard Loko. Évoquant le paysage médiatique national, il a rappelé l’existence d’une centaine de quotidiens autorisés, de 183 radios et de plusieurs chaînes de télévision. Face à la montée des médias en ligne, une centaine de conventions ont été signées afin d’encadrer l’espace numérique. « Nous avons à l’idée qu’il ne faut pas bâillonner les gens», a-t-il déclaré. Selon Jorge Carlos Fonseca, ancien président du Cap-Vert, et membre de la délégation du Ndi « le Bénin représente une référence démocratique depuis 1990 » mais souligne-t-il, chaque élection constitue « une expérience nouvelle » nécessitant une vigilance constante.
Au terme des échanges, Christopher Fomunyoh, directeur Afrique du Ndi, a rappelé que l’objectif de la mission est de venir prendre un peu la température par rapport aux préparatifs de la présidentielle d’avril prochain. La démarche vise à recueillir des informations auprès des institutions impliquées dans l’organisation. D’où la séance de travail avec l’instance de régulation des médias après celle avec la Cena, la Cour constitutionnelle et autres. A en croire Christopher Fomunyoh, il était « important pour la délégation de venir à la Haac », institution constitutionnelle jouant « un rôle primordial» dans l’organisation du scrutin et dans la gestion des espaces de liberté liés à la communication. «L’entretien a été très riche, très fructueux », a noté le directeur Afrique du Ndi, estimant que la délégation repart avec des idées assez concrètes sur la contribution de la Haac au renforcement de la démocratie béninoise.
La mission préélectorale entourée du président de la Haac à la suite des échanges