La Nation Bénin...
Au cœur du département de l’Alibori, dans la ville de Kandi, un ambitieux complexe agro-industriel vient renforcer le positionnement du Bénin dans le pôle lait et viande. Baptisé Houezrewoueke, ce centre moderne d’abattage et de transformation des produits carnés s’impose comme un maillon stratégique de la chaîne de valeur ajoutée (Cva) viande.
Le centre moderne d’abattage de Kandi est une unité qui affiche une capacité journalière impressionnante de 500 à 1000 têtes de ruminants et herbivores domestiques. Bovins, camelins et asins y sont pris en charge dans un dispositif moderne répondant aux exigences sanitaires et aux standards du marché national et international.
Implanté sur un domaine de 15 hectares extensibles, dont 5 hectares dédiés à une ferme expérimentale, le centre dispose d’un noyau géniteur de 100 têtes d’ânes et d’un parc fourrager de 2 hectares. Les 10 hectares restants abritent un complexe intégré comprenant : l’abattoir moderne (2 500 m²), une unité de fabrication d’aliments pour bétail, une unité de biodigesteurs, un bloc administratif ainsi que des dortoirs pour le personnel. Inauguré le jeudi 19 février par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, l’abattoir proprement dit comprend un parc de stabulation de 500 têtes, un train d’abattage et de transformation primaire, une boyauterie, une unité de traitement des peaux avec cinq salles dédiées (essuyage, refroidissement et stockage des carcasses), un bureau vétérinaire, un mini-laboratoire, une salle de découpe et de transformation secondaire, une unité de conditionnement des produits finis ainsi que trois vestiaires pour le personnel.
Une industrie verte au service du développement durable
A ces commodités, s’ajoute une chambre froide compartimentée d’une capacité de 500 tonnes assurant le stockage optimal des produits finis.
La ferme Houezrewoueke promue par Narcisse Demagnon, au sein de laquelle trône cet abattoir d’une capacité industrielle à la hauteur des ambitions nationales, se distingue également par son approche écologique. L’unité intègre des biodigesteurs produisant du biogaz, utilisé notamment pour alimenter un groupe de 35 KVA dédié à la cuisine. Deux générateurs électriques de 120 KVA et 500 KVA fonctionnant au gasoil servent de relais, en complément de l’alimentation conventionnelle fournie par la Société béninoise d’Energie électrique.
Les effluents et déchets issus du processus industriel sont valorisés pour la production d’engrais verts destinés aux agriculteurs affiliés au cluster en création. Une démarche qui inscrit résolument le centre dans une dynamique d’économie circulaire et d’agro-industrie durable.
Plus qu’un simple abattoir, Houezrewoueke se positionne comme un agrégateur régional. Les coopératives de production animale affiliées, installées dans les communes du département de l’Alibori, ainsi que les commerçants de bétail, constituent les principales sources d’approvisionnement en matière première. Ce modèle intégré garantit un fonctionnement durable et structuré.
L’impact socio-économique est considérable au regard de sa capacité à générer des emplois. Près de 100 emplois directs et au moins 2 000 emplois indirects sont annoncés.
Le centre contribue ainsi à l’amélioration des revenus des acteurs de la filière, tout en renforçant la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays.
Cette ferme entend également jouer un rôle majeur dans le renforcement des capacités humaines. Le centre accompagnera en effet les Lycées techniques agricoles, les universités et autres établissements spécialisés dans la formation aux technologies de transformation de la viande. Les bouchers locaux bénéficieront également d’un encadrement technique visant à professionnaliser davantage le secteur. Toute chose qui confirme sa vocation de hub agropastoral et ouvre une nouvelle ère pour la filière viande béninoise : plus structurée, plus compétitive et résolument tournée vers l’avenir.
Un complexe agro-industriel qui vient renforcer le positionnement du Bénin dans le pôle lait et viande