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L’Afrique de l’Ouest accélère sa marche vers l’autosuffisance rizicole. Lancé mi-février en Côte d’Ivoire par la Bad, AfricaRice et la Cedeao, le programme Reward–AfricaRice entend renforcer la productivité, la résilience climatique et l’intégration régionale de la filière, avec des retombées attendues pour les pays bénéficiaires dont le Bénin.
La dynamique pour l’autosuffisance rizicole en Afrique de l’Ouest franchit un nouveau cap. Le 13 février dernier, en Côte d’Ivoire, le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad), en partenariat avec le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice) et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a lancé le Programme de renforcement de l’adaptation des chaînes de valeur rizicoles au changement climatique en Afrique de l’Ouest (Reward).
Pour le Bénin, où la dépendance aux importations de riz demeure élevée, Reward constitue une opportunité stratégique. En renforçant la productivité, l’accès aux intrants de qualité, la transformation locale et l’intégration régionale, le programme ambitionne de réduire durablement la vulnérabilité alimentaire tout en créant des emplois et des revenus.
Le volet d’appui technique Reward–AfricaRice, financé à hauteur de 8,5 millions de dollars par la Bad, sera mis en œuvre sur cinq ans, soit jusqu’en 2029, dans quatorze pays : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone et Togo. Au-delà, le programme s’inscrit dans une enveloppe globale annoncée de 650 millions de dollars américains couvrant quinze pays de l’espace Cedeao dont le Nigeria.
L’objectif est d’attirer davantage d’investissements, d’améliorer les modèles performants existants, d’accroître la productivité, la transformation et la commercialisation du riz, de réduire la facture des importations et de créer des emplois rémunérés, notamment pour les femmes et les jeunes, à l’horizon 2029.
Une denrée stratégique
Pour les institutions partenaires, le riz occupe une place centrale dans les équilibres alimentaires et économiques de la région.
« Le programme Reward s’inscrit dans la stratégie du Groupe de la Bad visant à renforcer les systèmes alimentaires en Afrique. En investissant dans des chaînes de valeur rizicoles résilientes, nous soutenons l’intégration régionale, la création d’emplois et la stabilité économique à long terme en Afrique de l’Ouest », a affirmé Eklou Attiogbevi-Somado, chef de division régionale pour l’agriculture et l’agro-industrie en Afrique de l’Ouest.
Pour Baboucarr Manneh, directeur général d’AfricaRice, «L’autosuffisance en riz en Afrique de l’Ouest est un impératif tant économique que de sécurité alimentaire ». Le programme Reward combinera science, innovation, renforcement institutionnel et coordination régionale afin de mettre en place des chaînes de valeur rizicoles résilientes qui profitent aux agriculteurs, aux transformateurs et aux consommateurs de toute la région, a-t-il indiqué.
« Le programme Reward démontre la puissance de la collaboration régionale pour faire avancer notre programme commun en matière de sécurité alimentaire », a déclaré, pour sa part, Boladale Adebowale, coordonnatrice du Programme rizicole de la Cedeao.
Quatre piliers pour structurer la filière
Le programme est structuré autour de quatre composantes. La première concerne le développement de systèmes de production durables et résistants au climat, avec la mise en place de systèmes d’irrigation adaptés, la gestion durable des terres et des eaux, et un meilleur accès aux semences certifiées résistantes au changement climatique, aux engrais, à la mécanisation et aux services de vulgarisation.
La deuxième vise la modernisation des infrastructures de transformation, le renforcement des capacités des petits exploitants et la promotion de technologies innovantes, y compris numériques, afin d’améliorer l’accès au marché et de valoriser le riz local.
La troisième composante porte sur l’appui aux réformes politiques et réglementaires ainsi que l’harmonisation régionale, pour assurer une chaîne de valeur compétitive face aux importations. Elle inclut l’amélioration du contrôle des intrants agricoles et le déploiement de systèmes régionaux de suivi.
Enfin, la quatrième composante est dédiée à la coordination, à la gestion et au suivi-évaluation du programme.
Pour les parties prenantes du programme, le défi est désormais la mise en œuvre effective, afin que les ambitions affichées se traduisent en résultats concrets dans les champs, les rizeries et les marchés.
A travers Reward–AfricaRice, la Bad et ses partenaires entendent faire du riz un véritable moteur de souveraineté alimentaire et de résilience économique en Afrique de l’Ouest