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Criminalité financière en Afrique: Un partenariat inédit pour réussir la lutte

Economie
Cette initiative marque une avancée majeure dans la lutte contre la corruption Cette initiative marque une avancée majeure dans la lutte contre la corruption

Le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) a signé un accord historique avec Interpol afin de lutter plus efficacement contre la criminalité financière et la corruption sur le continent. Ce partenariat inédit vise à renforcer les enquêtes et à mettre en place des mesures préventives pour protéger les ressources destinées au développement.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 06 mars 2025 à 06h07 Durée 3 min.
#Banque africaine de développement (Bad)

La lutte contre la criminalité financière en Afrique se renforce. La Banque africaine de développement (Bad) devient la première institution multilatérale à collaborer avec Interpol pour combattre la corruption et le blanchiment d’argent. Ce partenariat stratégique vise à mieux protéger les fonds de développement et à endiguer les flux financiers illicites qui freinent la croissance du continent. Les deux institutions ont signé, le 20 février dernier, une lettre d’intention officialisant leur collaboration. Cette initiative marque une avancée majeure dans la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent sur le continent. Le président du Groupe de la Bad, Akinwumi Adesina, et le secrétaire général d’Interpol, Valdecy Urquiza, ont paraphé cet accord qui va renforcer la coopération entre le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la Banque et le Centre de lutte contre la criminalité financière et la corruption d’Interpol. L’objectif est d’améliorer le partage d’expertise, d’accroître les capacités d’enquête et de développer des mesures préventives contre les nouvelles menaces financières, notamment la cybercriminalité et le financement du terrorisme. En Afrique, les flux financiers illicites sont estimés à près de 90 milliards de dollars par an, une perte colossale qui aurait pu servir à financer des infrastructures essentielles dans les domaines de l’eau, de la santé, de l’alimentation et de l’énergie. La Bad, qui mobilise environ 10 milliards de dollars chaque année pour le développement du continent, entend jouer un rôle clé dans la sécurisation des ressources destinées aux projets gouvernementaux. « Nous appliquons une tolérance zéro en matière de corruption et de financement du terrorisme. Ce partenariat démontre notre engagement à protéger les ressources de développement et à veiller à ce qu’elles parviennent à leurs bénéficiaires », a affirmé Akinwumi Adesina.

Les menaces

L’accélération des innovations numériques a entraîné une hausse des crimes financiers en ligne. Selon Interpol, les compromissions de courriels professionnels, les escroqueries sentimentales et le phishing sont en plein essor, représentant des menaces sérieuses pour l’économie numérique africaine. Valdecy Urquiza, secrétaire général d’Interpol, a souligné l’importance de ce partenariat dans la lutte contre ces menaces grandissantes. « La corruption et la criminalité financière comptent parmi les plus grands obstacles au développement économique et social en Afrique et dans le monde. Ce partenariat entre Interpol et la Bad aidera à renforcer la lutte contre ces crimes de plus en plus sophistiqués », a-t-il confié. Dans cette dynamique, la Bad s’engage à renforcer les capacités des pays africains pour promouvoir une gouvernance transparente et responsable, développer des institutions solides favorisant une croissance inclusive et durable, améliorer les systèmes de contrôle, notamment la connaissance du client et la diligence raisonnable, afin de prévenir la fraude et la corruption, et assurer une gestion transparente des ressources allouées aux projets de développement, ce qui lui a valu d’être reconnue à deux reprises comme la banque multilatérale la plus transparente au monde par l’organisation Publish What You Fund. Avec ce partenariat stratégique, la Bad et Interpol entendent faire front commun contre la corruption et le blanchiment d’argent, deux fléaux qui compromettent le développement économique du continent africain.