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Fonds de soutien aux initiatives de redevabilité: 38 Osc s’engagent à renforcer la qualité des services publics

Société
Avec le financement de nouveaux projets, le Fosir entend  soutenir la dynamique de redevabilité et d’amélioration des services publics au Bénin Avec le financement de nouveaux projets, le Fosir entend soutenir la dynamique de redevabilité et d’amélioration des services publics au Bénin

Réunies vendredi 27 février à Cotonou, 38 organisations de la société civile ont signé des contrats et reçu des chèques dans le cadre du premier appel à propositions du Fonds de soutien aux initiatives de redevabilité (Fosir), phase 3 du Programme Redevabilité. Près de 700 millions F Cfa sont mobilisés avec l’appui de la Coopération suisse pour améliorer la qualité des services publics dans des secteurs clés.

Par   Claude Urbain PLAGBETO, le 02 mars 2026 à 10h11 Durée 2 min.
#Osc #phase 3 du Programme Redevabilité

Trente-huit organisations de la société civile (Osc), bénéficiaires du premier appel à propositions du Fonds de soutien aux initiatives de redevabilité (Fosir), ont reçu, vendredi dernier à Cotonou, leurs chèques pour la mise en œuvre de projets destinés à améliorer les services publics. Cette vague de financements qui s’inscrit dans la troisième phase du Programme Redevabilité, cible l’eau potable, l’éducation, l’état civil et la santé.

Ces organisations ont été retenues à l’issue d’un processus « rigoureux, participatif et inclusif », a souligné Camille Oyédiran Yabi, chef d’équipe adjoint de l’Unité de gestion du programme (Ugp/Gfa) et coordonnateur du Fosir. Lancé le 1er juillet 2025, l’appel a enregistré 213 notes succinctes. Après examen, 193 dossiers ont été jugés éligibles et 79 structures présélectionnées pour soumettre des propositions complètes. Trente-huit projets ont finalement été validés. Parmi les organisations sélectionnées, 25 bénéficient d’un appui pour la première fois, tandis que 13 consolident des initiatives engagées lors de la phase précédente.

2 milliards sur 2025-2027

Financé depuis 2016 par la Coopération suisse au Bénin, le Programme Redevabilité vise à instaurer un cadre dans lequel citoyens, Osc, médias et pouvoirs publics interagissent afin d’améliorer durablement les services sociaux de base.

« Le mécanisme met en relief les interpellations citoyennes auprès des porteurs de responsabilités », a expliqué Gabriella Spirli, cheffe de la Coopération internationale de la Suisse au Bénin. Il s’agit, selon elle, de renforcer la capacité des organisations à évaluer la qualité des services publics et à dialoguer avec les autorités.

Elle a réaffirmé l’engagement de la Suisse en faveur d’un dialogue franc et constructif entre citoyens et institutions, rappelant que la redevabilité constitue un levier essentiel pour garantir des services publics de qualité. Pour la période 2025-2027, a-t-elle indiqué, plus de 2 milliards F Cfa sont prévus pour les appels à subventions.

Les appuis sont structurés autour de deux guichets. Le premier, destiné aux réseaux et faîtières d’Osc, peut atteindre 50 millions F Cfa par projet. Le second, réservé aux organisations individuelles, prévoit des subventions pouvant aller jusqu’à 15 millions F Cfa.

Au nom du ministre de la Justice et de la Législation, Jacques Richard Codjo, secrétaire général adjoint du ministère, a salué la crédibilité du Fosir. Il y voit « un instrument de transformation » au service de la transparence et de la confiance dans l’action publique. « Ce fonds n’est pas une simple structure financière ; il permettra de soutenir des projets concrets portés par des acteurs engagés qui œuvrent à renforcer la redevabilité au cœur de nos communautés », a-t-il affirmé.

Règles strictes de gestion

Au-delà du financement, le programme prévoit un encadrement technique et financier. Gérard Sadoyètin, comptable à l’Ugp, a rappelé les principales modalités de gestion des subventions. Les organisations bénéficiaires devront se conformer au guide de gestion, notamment en matière de passation de marchés, de tenue des dossiers administratifs et de justification des dépenses. Chaque structure devra assurer une contribution propre minimale de 20 % du coût global du projet.

« Les organisations partenaires sont responsables de la bonne utilisation des ressources mises à leur disposition », a insisté Gérard Sadoyètin, évoquant un dispositif d’accompagnement continu comprenant des formations et un suivi rapproché.

La porte-parole des bénéficiaires, Fati Amoussou, a exprimé la reconnaissance des 38 Osc pour la confiance accordée. Elle a exprimé leur engagement à assurer une gestion rigoureuse des ressources et à produire des résultats concrets au profit des populations, notamment des femmes, des jeunes et des personnes vulnérables.

A travers ces projets, les Osc mèneront des évaluations citoyennes de la qualité des services publics, formuleront des recommandations et animeront des cadres de dialogue avec les autorités compétentes afin de corriger les dysfonctionnements identifiés.