La Nation Bénin...

Lutte contre la corruption sexuelle et les violences basées sur le genre: Le projet « Stop corruption, Stop Vbg » lancé

Société
Osc et acteurs institutionnels mobilisés contre la corruption  sexuelle et la sextorsion Osc et acteurs institutionnels mobilisés contre la corruption sexuelle et la sextorsion

Sos Civisme Bénin et Banouto, organisation non gouvernementale et média béninois, unissent leurs forces pour intensifier la lutte contre la corruption sexuelle et les violences basées sur le genre (Vbg). Vendredi 13 février dernier, à Cotonou, les deux structures, aux côtés de leur partenaire Expertise France/Afd, ont procédé au lancement du projet « Stop corruption, Stop Vbg », avec l’ambition claire d’élever d’un cran la riposte nationale à la sextorsion et aux pratiques corruptives à caractère sexuel.

Par   Ariel GBAGUIDI, le 16 févr. 2026 à 11h57 Durée 3 min.
#lutte contre la corruption #Vbg

Malgré les avancées enregistrées ces dernières années dans la lutte contre les Vbg au Bénin, la corruption sexuelle et la sextorsion demeurent une réalité insidieuse. Invisible mais ravageuse, elle constitue un frein majeur à l’épanouissement, à la dignité et à l’autonomisation des femmes et des filles.

Face à ce constat, le consortium Sos Civisme Bénin-Banouto refuse la résignation. Le projet « Stop corruption, Stop Vbg » entend s’attaquer frontalement au phénomène. Il « vise à lutter contre la corruption sexuelle, la violence sur le genre, fléaux qui entravent le développement social, économique et éducatif de notre pays », explique Estelle Akpa-N'Kakou, directrice exécutive de l'Ong Sos Civisme Bénin et représentante du consortium. A l’en croire, ce lancement marque « le début d'un effort structuré et coordonné» pour renforcer la prévention, la sensibilisation, la dénonciation et la répression des pratiques de corruption sexuelle et de Vbg. « Par ce projet, nous voulons construire un environnement où aucune étudiante, aucune travailleuse ne devra choisir entre sa dignité, son diplôme, ses ambitions… Ce projet est notre contribution pour un Bénin plus juste, inclusif, où l'égalité des chances cesse d'être un slogan, mais devient une réalité tangible », affirme Estelle Akpa-N'Kakou.

S’appuyant sur l’alliance stratégique avec Banouto, sur l’implication des acteurs institutionnels présents au lancement et sur la mobilisation des communautés locales, l’équipe projet affiche sa détermination. Consciente des obstacles à la mise en œuvre du projet, elle mise sur un engagement collectif pour atteindre les résultats escomptés.

Une approche globale et structurée

L’originalité du projet réside dans son approche holistique. Il fédère acteurs communautaires, religieux et institutionnels afin de renforcer la vigilance sociale et la protection des victimes. Il prévoit également d’outiller les médias et les structures judiciaires pour mieux documenter les faits et consolider la lutte.

« Stop corruption, Stop Vbg » place l’éducation, l’inclusion et l’égalité des chances au cœur de son action, avec un objectif clair qui est de permettre à chaque citoyenne de poursuivre ses études ou sa carrière sans subir de pression sexuelle.

Parmi les activités phares figurent la réalisation d’une étude approfondie sur le phénomène, la formation de journalistes béninois, une vaste campagne médiatique, la lutte contre la désinformation, des ateliers de réflexion à l’intention des acteurs institutionnels impliqués. À travers ces initiatives, le projet ambitionne de renforcer le cadre législatif existant et d’optimiser le mécanisme national de lutte contre ces fléaux.

Des soutiens institutionnels de poids

D’une durée de 18 mois, le projet bénéficie de l’appui d’Expertise France, filiale de l’Agence française de développement (Afd). Il est également soutenu par des structures étatiques clés telles que la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) et le Haut-commissariat à la prévention de la corruption (Hcpc). Plusieurs ministères sectoriels et organisations non gouvernementales partenaires y sont associés.

Agathe Rose Durand, représentante pays et coordinatrice pour Expertise France au Bénin, salue ce «projet emblématique pour la consolidation de la gouvernance, de la protection des droits humains et de l'égalité de genre au Bénin ». Elle rappelle que la corruption sexuelle et la sextorsion constituent une barrière « invisible, mais dévastatrice», empêchant de nombreuses jeunes filles et femmes d’accéder pleinement à l’éducation, au travail et à l’épanouissement personnel. Selon elle, le projet répond à ce défi en combinant investigation journalistique, sensibilisation communautaire, renforcement du cadre légal et protection des lanceurs d’alerte. Elle a d’ailleurs réitéré l’engagement d’Expertise France à accompagner sa mise en œuvre.

Même engagement du côté des institutions nationales. À la suite de Inès Gnimagnon Kobo, secrétaire générale adjointe de la Haac, Dr Euloge Francis Atade, chargé des Politiques de Bonne gouvernance, d'Éthique et d'Intégrité au Hcpc, s’est réjoui de l’implication de son institution. Il nourrit l'espoir, au nom du Haut-commissaire à la prévention de la corruption, que ce projet permettra au Bénin d'être logé à l'enseigne des Etats exemplaires en cette matière. À l’en croire, «une nouvelle ère s’ouvre ; celle du progrès, de la prévention renforcée, de la promotion de l’intégrité et de l’amélioration durable de la condition féminine.

La cérémonie de lancement a également été marquée par l’installation officielle des membres du comité de pilotage du projet, chargés de veiller à la bonne exécution de cette initiative qui entend transformer l’indignation en action et l’engagement en résultats concrets.