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Activité économique dans l’Uemoa: Croissance en demi-teinte

Economie

Les indicateurs conjoncturels de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), ces derniers mois, traduisent une croissance toujours positive mais moins soutenue en rythme mensuel. Si la dynamique globale montre des signes de modération, certains pays, à l’image du Bénin, tirent leur épingle du jeu, notamment dans le secteur des bâtiments et travaux publics, tout en affichant des performances solides dans les services financiers.

Par   Babylas ATINKPAHOUN, le 27 févr. 2026 à 07h13 Durée 3 min.
#Espace Uemoa

L’économie de l’Uemoa poursuit sa trajectoire de croissance, mais à un rythme plus modéré. Les données disponibles à fin d’année 2025 indiquent un ralentissement en variation mensuelle, même si les fondamentaux demeurent orientés vers la hausse sur une base annuelle. L’indice global du climat des affaires s’est établi à +0,8 point au-dessus de sa moyenne de long terme (100), en repli de 0,3 point par rapport au mois précédent, traduisant une confiance des opérateurs toujours positive mais moins dynamique. Dans ce contexte, le Bénin se distingue particulièrement dans le secteur des bâtiments et travaux publics (Btp), confirmant la vigueur de ses investissements et de ses chantiers structurants. Le secteur des Btp affiche globalement une progression de l’activité au sein de l’Union. L’écart de l’indice d’activité par rapport à la moyenne de long terme ressort à +6,9 points en novembre 2025, en hausse de 2,3 points comparativement au mois précédent. Par pays, l’amélioration est spectaculaire au Bénin, où l’indice enregistre un bond de +24,3 points. Cette performance place le pays parmi les moteurs de la dynamique régionale, aux côtés du Sénégal (+38,3 points). La Côte d’Ivoire (+9,0 points), la Guinée-Bissau (+8,2 points) et le Togo (+4,9 points) affichent également des évolutions positives. À l’inverse, le Mali (-41,8 points) et le Niger (-23,4 points) enregistrent une contraction marquée de l’activité dans les Btp, illustrant les disparités conjoncturelles au sein de l’espace communautaire.

L’indice de la production industrielle, corrigé des variations saisonnières, progresse de 1,5 % en variation mensuelle, après une hausse de 1,7 % en octobre. Cette évolution résulte principalement de la bonne tenue des activités de fabrication (+0,9 point) et des activités extractives (+0,9 point). Toutefois, la baisse de la production et de la distribution d’électricité et de gaz (-0,3 point) a atténué cette dynamique. En glissement annuel, la production industrielle s’améliore de 4,2 %, contre 7,9 % un mois plus tôt. Cette croissance est portée essentiellement par les activités de fabrication (+3,8 points), complétées par les industries extractives (+0,3 point) et la production et distribution d’électricité et de gaz (+0,1 point). La décélération observée sur un mois traduit néanmoins un essoufflement relatif du rythme d’expansion.

Contrastes sectoriels

L’activité commerciale demeure bien orientée. En variation mensuelle, l’indice du chiffre d’affaires du commerce augmente de 2,3 % en novembre 2025, après une progression de 2,8 % le mois précédent. Ce renforcement est principalement soutenu par le commerce de détail (+1,7 point), le commerce de gros et les activités des intermédiaires (+0,3 point), ainsi que le commerce et la réparation d’automobiles et de motocycles (+0,2 point). En glissement annuel, la dynamique s’accélère. Le chiffre d’affaires progresse de 5,5 % en novembre. Là encore, le commerce de détail constitue le principal moteur (+4,4 points), suivi du commerce de gros (+0,9 point) et du segment automobile (+0,2 point). Le secteur des services marchands non financiers enregistre un recul de 6,5 % en variation mensuelle en novembre 2025. Cette contraction traduit un ajustement conjoncturel après la forte hausse observée précédemment. En revanche, en glissement annuel, ces services affichent une progression de 5,4 %, bien que moins soutenue que celle d’octobre (+7,3 %). L’augmentation du chiffre d’affaires est notable au Togo (+19,5 %), en Guinée-Bissau (+16,3 %), en Côte d’Ivoire (+4,9 %) et au Bénin (+4,4 %). Le Niger (+3,6 %), le Burkina Faso (+0,9 %), le Sénégal (+0,7 %) et le Mali (+0,1 %) enregistrent également des évolutions positives, mais plus modestes. Les services financiers, pour leur part, continuent d’afficher une performance robuste. En variation mensuelle, l’indice progresse de 3,5 % en novembre, après +4,0 % en octobre. En rythme annuel, la hausse atteint 15,1 %, témoignant de la vitalité du secteur bancaire et financier dans l’Union. Tous les pays sont concernés par cette embellie. Le Bénin se distingue encore avec une progression annuelle de 16,8 %, suivi du Sénégal (+16,7 %), du Togo (+15,0 %) et de la Côte d’Ivoire (+14,6 %). Le Mali (+14,3 %), le Burkina Faso (+14,1 %), le Niger (+14,0 %) et la Guinée-Bissau (+7,9 %) complètent ce tableau globalement positif.