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Journée internationale des droits de la femme: L’Onu alerte sur la persistance des inégalités devant la loi

Société
António Guterres, secrétaire général de l’Onu António Guterres, secrétaire général de l’Onu

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars, l’Organisation des Nations unies (Onu) appelle la communauté internationale à redoubler d’efforts pour garantir l’égalité juridique entre les femmes et les hommes. 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 12 mars 2026 à 09h54 Durée 3 min.
#Organisation des Nations unies (Onu) #lutter contre les Vbg

Malgré certaines avancées enregistrées au cours des dernières années, de nombreuses discriminations subsistent encore dans plusieurs pays, limitant l’accès des femmes et des filles à la justice et à leurs droits fondamentaux. Dans un message publié à l’occasion de cette journée, le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, a rappelé que l’égalité devant la loi reste une condition essentielle pour construire des sociétés justes et inclusives. Selon lui, l’absence de protections juridiques équitables continue d’exposer des millions de femmes à des situations de discrimination, de violence et d’exclusion. Près de trente ans après les engagements internationaux pris en faveur de l’égalité des sexes, notamment lors de la conférence mondiale sur les femmes tenue à Pékin en 1995, la promesse d’une justice équitable pour les femmes demeure encore inachevée. Les Nations unies soulignent que, malgré les progrès réalisés dans plusieurs pays, l’égalité juridique entre les sexes reste loin d’être pleinement atteinte à l’échelle mondiale. Les données présentées par l’organisation montrent que les femmes ne disposent en moyenne que de 64 % des droits juridiques reconnus aux hommes. Cette situation se manifeste dans différents domaines de la vie sociale, économique et familiale. Dans certains États, les femmes continuent de faire face à des restrictions légales qui limitent leur capacité à posséder des biens, à demander le divorce ou encore à exercer certaines activités professionnelles sans autorisation.

Pour les Nations unies, ces inégalités juridiques représentent un frein important au développement et à la participation pleine et entière des femmes à la société. António Guterres estime que les gouvernements doivent transformer leurs engagements politiques en actions concrètes afin d’éliminer les lois discriminatoires et de garantir l’égalité devant la loi. Les préoccupations exprimées par l’Onu s’appuient notamment sur un rapport publié par l’agence onusienne Onu Femmes, consacré à l’accès des femmes et des filles à la justice. Ce document met en lumière les faiblesses des systèmes judiciaires dans de nombreux pays et leurs conséquences sur la protection des droits fondamentaux. Selon ce rapport, les institutions chargées de garantir l’égalité et la justice ne parviennent pas toujours à protéger efficacement les femmes contre les discriminations et les violences. Dans plusieurs pays, les procédures judiciaires sont longues, coûteuses ou difficiles d’accès, ce qui décourage de nombreuses victimes de faire valoir leurs droits. Certaines lacunes juridiques persistent également dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Dans plus de la moitié des pays du monde, la définition légale du viol ne repose pas explicitement sur la notion de consentement. Cette situation peut compliquer la reconnaissance et la poursuite de certaines agressions sexuelles.

Par ailleurs, plusieurs États ne disposent pas encore de lois garantissant l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un travail de valeur équivalente. Cette absence de protection juridique contribue à maintenir des écarts salariaux importants dans de nombreuses régions. Au-delà des lois, les Nations unies soulignent que des facteurs sociaux et économiques continuent d’entraver l’accès réel des femmes à la justice. Le coût des procédures judiciaires, la complexité administrative, les barrières linguistiques ou encore la méfiance envers les institutions constituent autant d’obstacles qui peuvent dissuader les victimes de porter plainte. Dans certaines sociétés, les normes sociales et la pression communautaire jouent également un rôle important. La stigmatisation des victimes ou la peur de représailles peuvent réduire les femmes au silence et favoriser l’impunité des auteurs de violences.

Malgré ces difficultés, l’Onu reconnaît que des progrès ont été réalisés ces dernières années. La majorité des pays disposent désormais de lois visant à lutter contre les violences domestiques et plusieurs États ont renforcé leur protection constitutionnelle en faveur des droits des femmes.