La Nation Bénin...
Le
portefeuille de la Bad au Bénin reste « relativement performant », selon une
récente revue. Des solutions sont proposées pour lever les contraintes liées
aux projets problématiques.
L’innovation financière, la mise en place de nouveaux mécanismes axés sur les résultats, la mobilisation des financements du secteur privé seront au cœur des futures interventions de la Banque africaine de développement (Bad) au Bénin. C’est l’une des conclusions de la note d’accompagnement de la Revue de la performance du portefeuille pays (Rppp) de 2023. Le document intitulé «Bénin : revue de la performance du portefeuille pays » publié par la Bad, indique une gestion «moyennement satisfaisante ».
Cette
revue a permis d’identifier quatre défis majeurs affectant la performance et de
proposer des solutions pour les projets problématiques, en l’occurrence le
Projet d’appui au développement de la filière Anacarde et de l’entreprenariat
agricole (Padefa-Ena), le Projet de transport urbain à Parakou (Ptu) et le
Programme intégré de développement et d'adaptation aux changements climatiques
dans le bassin du Niger (Pidacc). Ils ont trait au renforcement de la qualité à
l’entrée pour un démarrage rapide des opérations, au suivi rapproché pour une
exécution et mise en œuvre rapide sur le terrain et au développement d’une
culture axée sur la mesure et le suivi des résultats de développement (effet et
impact), d’après le rapport.
Contraintes
Le délai de signature ressort à 5,8 mois en moyenne après l’approbation par le Conseil d’administration de la Bad pour les opérations souveraines contre un standard fixé à 90 jours. Le délai moyen des décaissements effectifs à compter de la date d’approbation reste aussi « trop élevé » : 21 mois en moyenne, selon la note. Cette situation entraîne des retards dans la mise en œuvre des projets allant de 19 mois à 39 mois et de multiples prorogations de la date de clôture des projets.
Le
processus d’acquisition reste caractérisé par de longs délais qui pénalisent
l’exécution physique et financière des projets. Cette lenteur dans la passation
des marchés, d’après l’équipe de la revue, s’explique notamment par la faible
connaissance des règles et procédures de la Banque en la matière et les délais
de traitement longs des dossiers.
Les
défaillances de certaines entreprises en charge des travaux constituent de gros
risques de retards dans l’exécution des projets à fortes composantes
infrastructures, constituant une entrave à la performance du portefeuille,
selon la revue. A cela s’ajoute la soumission tardive des rapports d’audit. Les
retards créent un goulot d’étranglement au niveau du service fiduciaire de la
Banque ainsi que le rejet fréquent des rapports pour mauvaise qualité.
Parer au plus pressé
Pour l’amélioration de la performance du portefeuille, la Bad exhorte le Bénin à financer la réalisation d’un diagnostic pour la faisabilité de la Delivery Unit (Du), un dispositif de coordination et de suivi des réformes, et la feuille de route pour sa mise en place avec son schéma organisationnel en vue d’optimiser le suivi de la mise en œuvre des projets. Elle recommande aussi l’organisation dans un bref délai d’une rencontre des acteurs de la chaîne de passation des marchés pour définir un système de gestion fiduciaire spécifique au portefeuille de la Banque. L’application effective des clauses contractuelles en cas de défaillance des prestataires (alertes, mise en demeure, résiliation) devra être aussi de mise.
La
Bad, quant à elle, privilégiera l’approche programme qui repose sur des projets
de développement de grande envergure et à fort impact sur le développement au
Bénin, ainsi que l’approche Financement basé sur les résultats (Fbr) pour les
nouvelles opérations financées par la Banque au Bénin. Il est aussi question
qu’elle diversifie autant que possible les instruments de financements axés sur
des résultats rapides. Le développement d’un pipeline solide de projets à financer
au niveau du secteur privé est indiqué de même que la poursuite du dialogue
avec les autorités béninoises et la Cour des comptes pour l’ensemble des audits
des projets financés par la Banque■
Des engagements actifs de plus de 600 milliards F Cfa
A la date du 14 novembre 2023, le portefeuille actif de la Bad au Bénin comprenait 18 opérations avec un montant total de 763,60 millions d’unités de compte (Uc) équivalant à 1 015 millions de dollars Us, soit environ 610 milliards F Cfa. Le portefeuille compte aussi deux opérations d’assistance technique à savoir le Mécanisme de financement de l’adaptation au niveau local et l’assistance technique pour la création de la facilité verte de Caisse des dépôts et consignations totalisant des engagements à hauteur de 1,34 million d’Uc soit 1,79 million Usd ou 1,075 milliard F Cfa.
Le
taux de décaissement global du portefeuille actif à cette date est de 29 %, ne
tenant pas compte des nouveaux projets récemment approuvés. Avec un âge moyen
de 5,2 ans, le portefeuille est en voie de renouvellement. Il est ciblé et
aligné sur les priorités du pays et de la Bad, notamment 4 des Top-5 de la
Banque : « Eclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie »
(8
%), « Nourrir l’Afrique »
(13
%), «Intégrer l’Afrique »
(34 %), et «Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique» (45 %)■