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Exposition des travailleurs aux polluants chimiques au Bénin: Une étude scientifique alerte sur les risques

Société
De l’étude menée, il ressort que des centaines de travailleurs au Bénin vivent au quotidien dans l’exposition aux polluants chimiques avec leur corollaire de conséquences nuisibles sur la santé De l’étude menée, il ressort que des centaines de travailleurs au Bénin vivent au quotidien dans l’exposition aux polluants chimiques avec leur corollaire de conséquences nuisibles sur la santé

Face aux conséquences de l’exposition des travailleurs aux polluants chimiques au Bénin, deux scientifiques interpellent sur l’urgence du phénomène et les actions à mener, au terme d’une étude. 

Par   Maryse ASSOGBADJO, le 22 janv. 2026 à 08h44 Durée 3 min.
#étude scientifique

Alerte ! Des centaines de travailleurs au Bénin vivent au quotidien un drame silencieux : l’exposition aux polluants chimiques avec leurs conséquences nuisibles sur la santé. Ce constat émane d’une étude sentinelle réalisée entre février et juin 2025 auprès de sept cent cinquante travailleurs dans la partie méridionale du pays. Elle est conduite par Dr Marius Kèdoté et le prof Paul Ayélo, chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, dans le cadre du programme Bionet et ambitionne de combler les lacunes en matière de données sur l’exposition professionnelle aux polluants.

L’étude cible les agriculteurs, dockers, commerçants, conducteurs et professionnels de la santé. Ses conclusions sont sans appel : 88 % des personnes enquêtées rapportent des symptômes (maux de tête, fatigue chronique, irritation, toux,…) qui découlent d’une exposition cumulative à des irritants respiratoires et neurotoxiques; 37 % souffrent d’une maladie chronique diagnostiquée (hypertension, asthme, sinusite, diabète, ulcères, lombalgies…).

Ces chiffres ne sont que la face visible de l’iceberg. Le drame se situe dans la manière dont la situation est prise en compte. Il ressort de la restitution des résultats que « 73 % d’entre eux n’appliquent aucun protocole de sécurité », et qu’une « large majorité perçoit l’exposition aux produits chimiques comme présente sur le lieu de travail (77,6 %) et plus d’un tiers (34,6%) la juge élevée.     

Le cuivre (29, 7 %) ; le formaldéhyde, les fumées de véhicules (43,5 %), le monoxyde de carbone (37,2 %) le dioxyde de soufre (30,1 %), les fumées de combustion (22,8 %), la toluène (24,5 %), … sont quelques polluants à potentiel élevé de maladies rapportés par le prof Paul Ayélo et Dr Marius Kèdoté au terme de leur travail.  

Les deux scientifiques ne se sont pas contentés de rapporter des faits. Ils plaident pour une surveillance de l’exposition aux polluants chimiques en milieu professionnel et le renforcement de la prévention et de la règlementation afin de protéger la santé des travailleurs. Pour y arriver, les conclusions de l’étude Bionet suggèrent le développement et la vulgarisation des « protocoles de santé standardisés adaptés aux différents métiers » ; la formation et la sensibilisation « des travailleurs et employeurs à la reconnaissance des risques chimiques et à l’utilisation appropriée des équipements de protection individuelle ». Les recommandations des auteurs tiennent également de « la mise en place d’un suivi systématique des expositions professionnelles, notamment dans les zones à risque de fortes expositions », de la promotion « des bilans de santé périodiques pour dépister précocement les atteintes respiratoires ou cardiovasculaires », et de la « promotion, voire la distribution ciblée d’équipements de protection en fonction du besoin (masques, gants, lunettes) … ».

La finalité de cette étude pilote est d’apprécier l’exposition des travailleurs aux polluants chimiques et les problèmes de santé qui les affectent. Elle est soutenue par l’Union européenne et Emasmus+. Bionet est un projet de recherche collaboratif entre universités européennes (Belgique, Luxembourg, Danemark) et africaines (Bénin, Maroc, Ethiopie).

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