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Dans un contexte où les fragilités émotionnelles et les comportements à risque chez les enfants et adolescents suscitent une inquiétude croissante, les compétences psychosociales (Cps) s’imposent comme un levier central de prévention et de développement harmonieux. Consultante en parentalité et en gestion de projets éducatifs, experte en éducation de qualité, protection de l’enfance et violences sexuelles et sexistes (Vss), Joanita Bocossa, éclaire sur les enjeux et impacts de ces compétences essentielles.
Dans les foyers, écoles et espaces éducatifs, les difficultés émotionnelles des enfants et adolescents se manifestent de plus en plus tôt. Colères incontrôlées, replis sur soi, conflits répétés ou comportements à risque traduisent souvent un manque d’outils pour comprendre et gérer ce qui se joue à l’intérieur. Pour Joanita Bocossa, ces situations rappellent l’urgence de renforcer les compétences psychosociales dès le plus jeune âge. Les compétences psychosociales, explique-t-elle, désignent l’ensemble des capacités permettant à un individu de comprendre ses émotions, d’interagir de manière saine avec les autres et de faire face aux défis du quotidien. Elles regroupent des compétences émotionnelles, sociales et cognitives indispensables à l’équilibre personnel et relationnel. Selon l’experte, elles constituent un socle fondamental du développement humain, au même titre que les apprentissages scolaires.
Joanita Bocossa souligne que les compétences psychosociales jouent un rôle déterminant dans la construction de l’estime de soi chez les enfants et les adolescents. Lorsqu’un enfant est capable de mettre des mots sur ce qu’il ressent et de se positionner sans crainte, il se sent légitime et capable d’agir. Pour la consultante, cette reconnaissance intérieure renforce durablement l’estime de soi et favorise des relations plus équilibrées avec les autres.
Face aux échecs scolaires, aux tensions familiales ou aux pressions sociales, les compétences psychosociales apparaissent comme un véritable facteur de résilience. Joanita Bocossa explique qu’elles permettent aux jeunes de relativiser les difficultés, de tirer des enseignements des épreuves et de mobiliser leurs ressources internes plutôt que de se sentir dépassés. Cette capacité à rebondir constitue un atout majeur dans un environnement souvent marqué par l’incertitude et les changements rapides.
Mieux gérer les émotions pour prévenir les violences
La colère, la peur, la frustration et la tristesse figurent parmi les émotions les plus difficiles à gérer chez les jeunes. Joanita Bocossa insiste sur le fait que, lorsqu’elles ne sont pas reconnues ou accompagnées, ces émotions peuvent se transformer en comportements violents ou en souffrance silencieuse. Les compétences psychosociales offrent, selon elle, des outils concrets pour reconnaître, comprendre et exprimer ces émotions de manière appropriée. Elles contribuent ainsi directement à la prévention des violences, notamment des violences sexuelles et sexistes, et des comportements à risque.
Pour l’experte, plusieurs indicateurs permettent d’identifier un enfant ou un adolescent qui développe une bonne régulation émotionnelle. La capacité à verbaliser ses émotions, la diminution des réactions impulsives et l’aptitude à retrouver le calme après une situation tendue en font partie. Ces signes témoignent d’une maturité émotionnelle progressive, essentielle à l’équilibre psychologique et à la qualité des relations sociales.
Parents et éducateurs, acteurs clés du changement
Le développement des compétences psychosociales ne repose pas uniquement sur l’enfant, le rôle central des parents, enseignants et éducateurs est capital. En offrant un cadre sécurisant, en valorisant l’expression émotionnelle et en montrant l’exemple au quotidien, les adultes deviennent des modèles structurants. Selon l’experte, les Cps se développent à travers le dialogue, l’écoute active et des pratiques éducatives cohérentes, aussi bien à la maison qu’à l’école. Des pratiques simples, telles que le journal des réussites, les temps de parole, les exercices de respiration ou les activités coopératives, permettent de renforcer l’estime de soi, à condition qu’elles soient intégrées de manière régulière dans le quotidien des enfants.
L’impact des compétences psychosociales sur le bien-être psychologique peut être évalué à travers des observations comportementales, des outils d’évaluation du bien-être émotionnel et l’évolution des relations sociales. Joanita Bocossa note également des effets positifs sur l’engagement scolaire et la capacité à gérer les conflits.
Joanita Bocossa souligne que les compétences psychosociales jouent un rôle déterminant dans la construction de l’estime de soi chez les enfants et les adolescents