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Entre protection émotionnelle et peur de grandir: La confrontation, un miroir que le blessé redoute

Santé
Pour de nombreuses personnes porteuses de blessures affectives, la confrontation demeure une expérience  redoutée, voire insupportable Pour de nombreuses personnes porteuses de blessures affectives, la confrontation demeure une expérience redoutée, voire insupportable

La confrontation est souvent perçue comme un passage obligé vers la maturité émotionnelle et la résolution des conflits. Pourtant, pour de nombreuses personnes porteuses de blessures affectives, elle demeure une expérience redoutée, voire insupportable. Derrière cette fuite apparente se cache un ensemble de mécanismes psychiques profondément ancrés. Edwige Lawson, auteure de « Guérir de l’absence du père », met en lumière les raisons pour lesquelles la personne blessée évite toute forme de confrontation, même lorsqu’elle se veut constructive.

Par   Lhys DEGLA, le 17 févr. 2026 à 14h44 Durée 3 min.
#protection émotionnelle #Santé mentale

« Être confronté oblige à regarder une réalité intérieure souvent non pacifiée », explique Edwige Lawson. Pour le blessé, la confrontation agit comme un déclencheur émotionnel : elle ravive une douleur qu’il tente précisément d’anesthésier. Le cerveau associe alors l’échange frontal à une menace, et non à une opportunité de croissance. Cette perception explique pourquoi la confrontation est fréquemment vécue comme une attaque personnelle, un jugement ou un rejet, plutôt que comme un appel à évoluer. À cela s’ajoute la peur d’être exposé dans sa vulnérabilité. Reconnaître ses torts, ses failles ou ses responsabilités nécessite une sécurité intérieure que la personne blessée n’a pas encore consolidée. Lorsque l’estime de soi est fragile, chaque confrontation devient une confirmation redoutée de ne pas être « à la hauteur ».

L’évitement comme stratégie de survie émotionnelle

« Dans bien des cas, l’évitement n’est pas un refus de dialogue, mais un mécanisme de protection chez le blessé », argumente l’auteure. Certaines blessures prennent racine dans des environnements où la confrontation a été violente, humiliante ou destructrice. Le cerveau en garde alors la trace et associe inconsciemment le conflit au danger. Éviter devient alors une réponse réflexe, destinée à se préserver de la honte, de la culpabilité ou de la peur de l’abandon.

Par ailleurs, la confrontation implique de prendre sa part de responsabilité. Or, lorsqu’une personne est encore enfermée dans la douleur ou le déni, cette étape peut sembler insurmontable. Le confort apparent de l’évitement offre une illusion de paix immédiate, tout en retardant le processus de guérison.

Comprendre ces mécanismes permet de changer de regard: la fuite de la confrontation n’est pas un signe de faiblesse morale, mais l’expression d’une blessure non résolue. La guérison commence lorsque la confrontation cesse d’être perçue comme une attaque et devient, progressivement, un espace sécurisé de vérité et de croissance.

 Comment emmener le blessé à accepter la confrontation?

Pour amener la personne blessée a accepté la confrontation, il est important de créer un espace sûr et calme affirme Edwige Lawson.

Le blessé doit sentir que la confrontation n’est pas un danger. Un cadre paisible et respectueux réduit la peur et la méfiance.

Il faut lui parler avec douceur et bienveillance

Utiliser des phrases en «je» plutôt qu’en « tu » pour exprimer ses ressentis sans lui donner l’impression de l’accuser. Cela transforme le dialogue en échange plutôt qu’en attaque.

Aussi, il faut valider ses émotions. Reconnaître ce que la personne ressent : «Je comprends que ce soit difficile pour toi » montre que ses émotions sont légitimes et acceptées.

Il faut introduire progressivement le sujet en commençant ar des discussions légères avant d’aborder les points sensibles. Poser des questions ouvertes permet au blessé de s’exprimer à son rythme. Montrer les bénéfices du dialogue en lui expliquant la confrontation bienveillante permet de clarifier, comprendre et apaiser les tensions, et non de blesser ou juger. Respecter le temps et les limites. Ne pas forcer la personne à parler immédiatement. Laisser le temps d’accepter et de se préparer à la confrontation.

Vous vous devez être vous-même un exemple de sérénité et adopter une attitude calme et ouverte. Il faut lui montrer que l’on peut échanger sur les conflits sans peur, en transformant la confrontation en un chemin de paix.