La Nation Bénin...
Puissantes, naturelles, mais loin d’être anodines, les huiles essentielles s’invitent de plus en plus dans les foyers. Pourtant, leur mauvaise utilisation peut présenter des risques réels pour la santé. Pour mieux comprendre les usages sûrs de l’aromathérapie au quotidien, nous avons interrogé Alida Ahouandjinou, aromathérapeute et représentante d’une entreprise engagée dans la transformation des plantes en solutions naturelles de bien-être au Bénin.
La Nation : Pourquoi insistez-vous autant sur la sécurité en aromathérapie ?
Alida Ahouandjinou : Les huiles essentielles sont des concentrés extrêmement puissants de plantes. Une seule goutte peut contenir l’équivalent de plusieurs kilos de matière végétale. Lorsqu’elles sont mal utilisées, elles peuvent provoquer des irritations cutanées, des réactions allergiques, voire des déséquilibres plus sérieux, surtout chez les personnes vulnérables comme les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées. Il est important de rappeler que naturel ne signifie pas automatiquement sans danger.
Quelles sont les règles de base à respecter ?
Elles sont simples, mais non négociables. Il ne faut jamais appliquer une huile essentielle pure sur la peau. La dilution dans une huile végétale adaptée est indispensable. Les quantités doivent toujours être faibles, l’usage prolongé évité, et les contre-indications systématiquement respectées. Les huiles doivent être conservées hors de portée des enfants, et en cas de doute, il est préférable de demander conseil à un professionnel formé.
Toutes les huiles sont-elles adaptées aux enfants ?
Non. Chez l’enfant, moins il y a d’huiles essentielles, mieux c’est. Nous privilégions des huiles très douces et bien tolérées, et seulement après un certain âge. La lavande est appréciée pour son effet apaisant, le palmarosa peut être utilisé en diffusion légère ou en massage très dilué, et la rose de Damas est reconnue pour son action douce sur l’émotionnel. En revanche, certaines huiles comme le tea tree doivent être évitées chez les très jeunes enfants, tout comme toute utilisation pure ou excessive.
Qu’en est-il des femmes enceintes et des personnes âgées ?
Pour les femmes enceintes, surtout durant le premier trimestre, il est recommandé d’éviter les huiles essentielles. Elles ne doivent jamais être utilisées sans avis professionnel. Les huiles végétales seules, comme l’amande douce ou le jojoba, sont plus sûres. Chez les personnes âgées, les dosages doivent être fortement réduits, les traitements médicaux pris en compte, et les usages prolongés évités. Là encore, des huiles douces comme la lavande sont à privilégier.
Quelles erreurs voyez-vous le plus souvent dans les familles ?
La première est de copier des recettes trouvées sur internet sans discernement. Beaucoup multiplient les huiles dans un même mélange ou les utilisent quotidiennement sans pause. Une autre erreur fréquente consiste à appliquer les huiles essentielles sur les enfants comme sur les adultes, ou à croire que le naturel est forcément sans risque.
Quels conseils simples donneriez-vous pour une aromathérapie familiale réussie ?
Il faut toujours commencer par les huiles végétales et introduire les huiles essentielles progressivement. Elles doivent accompagner, et non remplacer, un traitement médical. Observer les réactions du corps est essentiel, tout comme se former ou se faire accompagner par un professionnel. Enfin, chaque membre de la famille a son propre rythme et sa propre sensibilité. Une aromathérapie familiale efficace est avant tout une aromathérapie prudente.
Alida Ahouandjinou